mercredi 19 septembre 2007

Conscience environnementale au féminin

Mesdames, cette chronique s’adresse à vous. Ouvrez grands vos yeux et votre esprit. Et vous messieurs, tut! tut! tut! Ne fuiez pas! Vous avez une femme, une fille, une copine, une sœur, une collègue. Bien entendu, leur bien-être physique, leur santé financière et leur comportement environnemental vous tiennent à cœur. C’est donc par la bande que ce billet vous concerne aussi.

Abordons aujourd’hui l’inévitable question de la protection hygiénique. Au même titre que les couches de coton côtoient celles que l’on envoie au panier, une pléthore de protections féminines, réutilisables ou pas, sont disponibles sur le marché. Vous avez bien lu, les méthodes durables de gérer les cycles de la féminité effectuent un retour en force. Pourquoi?

Parce que les chiffres font frémir. On évalue que chaque dame utiliserait, dans sa vie, entre 10 000 et 15 000 tampons ou serviettes sanitaires jetables. Bonjour les déchets. Or, nombreuses sont-elles à faire changer les statistiques. Mais diantre, qui sont ces hurluberlues? Des intégristes environnementales au regard fou? Même pas. Bon, d’accord, il y a celles qui ont déjà le penchant écolo. Seul l’argument de cesser de remplir la poubelle de la salle de bain leur suffit pour chercher une alternative à ce que l’on jette tous les mois. Mais qui sont les autres?

Celles qui en ont simplement soupé de placer côte à côte, dans le panier d’épicerie, boîtes de tampons et pied de céleri. La protection féminine en coton, lavable et réutilisable jusqu’à amen, leur semble une option intéressante, tant pour le prix que pour la simplicité d’utilisation. On les passe simplement à la machine à laver, à sécher, et l’affaire est classée.

Celles que le soi-disant confort et la prétendue efficacité des produits jetables ne concernent pas joignent aussi les rangs dissidents. Il y a en effet un monde entre la jouvencelle tout de blanc vêtue qui, au jour 1 de ses règles, gambade dans les champs, et l’adolescente tordue de douleur qui, en plein cours de géo, a le désagréable pressentiment que le seuil d’absorption de sa serviette maxi contour vient d’être atteint.

Lassées des débordements insidieux, quantité de femmes se tournent alors vers la révolutionnaire coupe menstruelle, qu’on porte comme un tampon qui recueille au lieu d’absorber. De deux à quatre fois par jour, on la vide et la rince, sans plus. L’avantage de ce bidule de caoutchouc naturel ou de silicone est son incontestable confort. Passé les trois mois d’adaptation à la gymnastique insère-enlève, les sportives, les voyageuses et les amatrices de plein air aimeront son aspect pratique : rien à traîner, ni déchets, ni protection supplémentaires.

Finalement, celles qui n’en peuvent tout simplement plus de jeter les dollars par-dessus bord apprécieront de débourser environ quarante dollars pour la coupe menstruelle et de 2 à 6 $ l’unité pour les serviettes lavables. Toutes les raisons sont bonnes pour prendre le virage vert jusque dans sa féminité. Il suffit simplement d’essayer.

lundi 17 septembre 2007

Retour vers les ordures

6 novembre1985. Vêtu d’un long manteau argenté, le visage couvert de larges lunettes miroir, le docteur Emmett Brown rentre en coup de vent d’un court voyage dans le temps. Il gare avec fracas sa DeLorean volante devant le domicile des McFly, sous le regard ahuri des tourtereaux Marty et Jennifer. Deux instants plus tard, il ouvre le capot et fait le plein à même la poubelle. Une peau de banane et quelques millilitres de vieille bière plus tard, la rutilante bagnole adaptée à la mode 2015 est prête à transborder tout ce beau monde à destination du futur.

Les amateurs auront reconnu la dernière scène du premier épisode de Retour vers le futur. Science fiction? Exagération? Délire de cinéaste? Pour ce qui est de la voiture volante et du trench coat façon patate au four, peut-être. Mais moins en ce qui concerne la DeLorean carburant à même les détritus de George et Lorraine McFly. Plaît-il? Que de l’huile à friture fasse avancer les voitures passe encore, mais les ordures?!

N’en déplaise aux âmes sensibles, les Suédois ont eu l’idée, en apparence farfelue, de se servir à même l’alcool de contrebande saisi aux frontières pour faire avancer leurs chers véhicules scandinaves. Il faut dire que ce pays n’est pas né de la dernière pluie en matière d’environnement et est souvent cité en exemple quand il s’agit d’innovations vertes. Que cette portion de terre des latitudes nordiques pousse encore plus loin la science des poubelles n’a donc rien de surprenant.

Dans le site sweden.se, consacré à ce petit pays de quelque 9 millions d’habitants, on mentionne donc que tout l’alcool bon marché, confisqué parce qu’acheté hors les murs, n’est plus, comme auparavant, balancé à l’évier. Bières, grands crus, piquettes et autres spiritueux aboutissent dans un grand contenant, où ils sont ensuite mélangés à des résidus d’abattoir et autres ingrédients qui alimentent habituellement nos bacs roulants.

Cette édifiante purée est ensuite chauffée et maintenue dans un milieu anaérobique (en absence d’oxygène) pendant environ un mois. Ce ragoûtant processus de décomposition produit enfin le précieux biogaz qui est ensuite utilisé pour faire avancer taxis, autobus et même un train.

Mais pourquoi se donner tant de mal quand on peut simplement aller faire le plein à la pompe à essence du coin? Ce n’est quand même pas demain la veille que l’on pourra, comme Doc Brown, faire voler les voitures à grand renfort de fonds de tonne et de peaux de bananes! Peut-être, mais gardons tout de même à l’esprit que le pétrole de nos automobiles est une ressource épuisable, qui a pris des centaines de milliers d’années à se former dans les entrailles de la terre mais a presque tout été extraite du sol en un siècle et des poussières.

Il fallait s’en attendre, à force de piger dans le tas, les provisions s’amenuisent. Mais pas les déchets. D’où l’intérêt d’en faire le prochain or noir. Tout cela tient maintenant de la science, et non plus de la fiction.

Argent jetable ou solution durable?

Jadis, il y a de cela fort longtemps, quand les grands-mères de nos mères étaient encore au berceau, les linges de maison étaient faits à la main et conçus pour durer. Avec le fil on tissait les étoffes, à partir desquelles on cousait les vêtements. Avec les chemises râpées et les pantalons troués on faisait les torchons qui, une fois usés, étaient tressés en d’inusables tapis d’entrée.

De la couche de bébé au mouchoir pour le nez, de la vadrouille à plancher à la lavette à vaisselle, tout était issu d’une bobine de lin, de laine ou de coton, que l’on passait par le métier à tisser ou les aiguilles à tricoter. Puis vint l’époque où les mères de nos mères, jeunes mariées, ont commencé à aller travailler. Le temps nécessaire pour confectionner les linges de maison étant plus difficile à trouver, des alternatives sont arrivées sur le marché.

Couches et protection féminines à utilisation unique, serviettes de table, mouchoirs et essuie-tout de papier sont peu à peu venus déclasser leurs équivalents, qu’on devait auparavant rendre propre en s’éreintant sur la planche à laver. Le côté pratique a rapidement fait changer les mentalités : il valait mieux payer un peu plus pour frotter un peu moins.

Peut-être bien. Mais quand on s’arrête pour y penser, ces produits jetables, qui certes nous permettent de sauver du temps, nous font, quoi qu’on en dise, jeter nos sous par les fenêtres. Comme si, entre deux éternuements, je me mouchais directement dans mon argent. Faut-il alors jeter le bébé avec l’eau du bain? Envoyer valser les mouchoirs avec le rouleau de papier de toilette et les essuie-tout avec les protège-dessous?

Sans tirer un grand trait sur tout ce que m’offre la modernité, où dois-je m’arrêter? Suis-je obligée d’utiliser quatre essuie-tout pour éponger le raz-de-marée de mon café, quand le torchon de cuisine peut accomplir aussi bien le même travail? Dois-je laisser mes invités s’essuyer le bec dans des serviettes de papier quand j’en ai une douzaine, en tissu cette fois, qui dort au fond de mon vaisselier? Les lingettes démaquillantes que je me procure à vil prix font-elles réellement mieux l’affaire qu’une débarbouillette et un peu de lotion?

Oui, les produits jetables nous donnent de fichus de bons coups de main. Évidemment qu’ils nous dépannent en camping, au bureau et dans l’auto! Nous serions un peu timbrés de nier à quel point le papier hygiénique nous est précieux, voire indispensable. Il est toutefois bon de se rappeler que pour presque chaque produit jetable existe une solution plus durable. Que tout ce qui est fait à base de papier signifie que des arbres sont coupés simplement pour être jetés.

Avant de mettre mon argent au panier, je pense à une bonne façon de l’investir dans une solution longue durée. Sinon, je choisis des produits utilisant des fibres 100 % recyclées. Il en va de la santé de la forêt… et de mon porte-monnaie.

jeudi 30 août 2007

Gestion de frigo 101

La chronique précédente abordait la douloureuse question du gaspillage alimentaire. On y apprenait qu’à peu près la moitié de la nourriture produite serait jetée par-dessus bord sans jamais avoir été vendue. Bien qu’estomacantes, ces données demeurent loin du train-train de tous les jours. Cependant, à plus petite échelle, le gaspillage de nourriture fait aussi des ravages.

Faut-il alors créer un tribunal pour les pas gentils qui ne finissent pas leur assiette? Condamner à la peine capitale quiconque manque de temps pour apprêter sa laitue avant le stade de liquéfaction? Pendre par les intestins ceux qui, sans discernement, jettent tout en bloc passé la sacro-sainte date de péremption? L’idée n’est pas de jouer aux escouades de moralité. Toutefois, c’est un fait, la gestion du frigo vient pourrir le quotidien de bien des gens. Quelques conseils maison s’imposent ici.

Comme la mode est aux acronymes, profitons-en donc pour nous en créer un de toutes pièces, qui en plus de faire sérieux et écolo, servira d’aide-mémoire aux apprentis gestionnaires de frigidaire. Nom de code : PLANET (vous avez le droit de rire).

D’abord, l’étape préliminaire, le P, pour Planification. Qu’y a-t-il sur mes tablettes, dans mes armoires, dans mes tiroirs? En fonction de ces constats, je planifie grossièrement les prochains repas. Je donne un coup de pouce à mon imagination en ouvrant mes livres de recettes ou en faisant des recherches de recettes par mots clés sur Internet. Fort de l’étape P, je saute sur le L. Place à l’incontournable Liste. Ici, je note TOUT ce qui manque pour le sauté aux arachides, pour tartiner les biscottes et pour faire lever les muffins. Ensuite vient naturellement l’étape A, celle des Achats. Dans les allées, je m’efforce de respecter le protocole établit en L. Je garde en mémoire mon objectif zéro gaspillage.

Plus difficile à atteindre, le niveau N demande discipline et rigueur. Mais contre toute attente, le Nettoyage des aliments (laitue, céleri) dès le retour du marché ne demande pas plus de temps que de courir de l’évier au chaudron de soupe entre deux coups de cuiller de bois. On brosse et rince pour mieux entreprendre l’étape E, l’Entreposage. Crucial, l’Entreposage d’un maître ès frigo n’est pas laissé au hasard. Les contenants, idéalement transparents, laissent voir les contenus. Ainsi, la dernière étape et non la moindre, celle de la Transformation, sera facilitée et encouragée par des aliments déjà lavés, coupés et bien rangés, au vu et au su de tous. Fini les odorantes surprises et les douteuses découvertes archéologiques!

Pour un système de gestion PLANET encore plus optimal, on décrète «places V.I.P.» le bord de nos tablettes, que l’on réserve aux aliments qui périssent rapidement. La méthode PLANET : gratuite, efficace et à la portée de tous!

mercredi 22 août 2007

Jeter les choux gras, basta!

Un pamplemousse un peu mou, une pomme tuméfiée, un kiwi à la tête renfoncée, une banane mouchetée. Un poivron ratatiné, un céleri au stade élastique et quelques tomates biscornues. Parce qu’ils ne sont plus parfaitement frais ou totalement esthétiques, les fruits et légumes qui portent les traces du temps sont souvent retirés des étalages, quand ils y vont. La clientèle d’ici, exigeante semble-t-il, a tendance à rechercher ce qu’il se fait de meilleur et de plus beau. D’où l’impopularité de ce qui ne supporterait pas quelques jours de plus au frigo ou qui a poussé tout croche.

Or les goûts de luxe des consommateurs de l’hémisphère nord ont un prix. Bien qu’il soit extrêmement difficile de chiffrer la quantité de nourriture qui, une fois rendue chez les détaillants, sortira par la porte de derrière, on estime que de 40 à 50 % de la mangeaille produite ou cultivée ne se rendrait même pas jusqu’aux yeux du client.

Autant dire que près de la moitié de ce que l’on sème, désherbe, irrigue, assaisonne d’engrais et de pesticides, cueille, lave, emballe et transporte sur des milliers de kilomètres ne trouvera même pas preneur une fois arrivé à « bon » port. Sachant toute l’énergie et toutes les ressources déployées pour l’agriculture, comment accepter que toute cette nourriture issue de la terre y retourne sans même avoir passé par notre tube digestif?

Des groupes, certes un peu casse-cou, ont trouvé une solution. Là où certains n’imaginent plus aucune autre issue que la mort par enfouissement, certains profitent de tout le potentiel de ces denrées, un brin amochées, qui aboutissent dans les poubelles de marchés d’alimentation. Une équipe de l’émission La vie en vert s’était d’ailleurs intéressée aux pratiques de ces plongeurs de conteneurs. Profitant de la nuit, ces individus rescapent in extremis des boîtes pleines de fruits, de légumes, de pains encore parfaitement propres à la consommation. Pour eux, se nourrir à même les poubelles ne signifie pas nécessairement que l’on a pas les moyens d’aller, comme tout le monde, pousser le panier dans les allées du supermarché. C’est plutôt qu’un tel gaspillage les horripile, tout simplement.

Pour éviter l’inhumation d’aliments moins jolis mais encore bons, cette équipe de télé a même mis en contact le proprio d’une fruiterie et le responsable d’une popote roulante. L’expérience, c’est le cas de le dire, a porté fruit. L’un profite gracieusement de ce que l’autre, de toute façon, ne pourrait pas vendre. C’est ce genre d’alliances entre les banques alimentaires et les détaillants dépourvus de solutions qui peut mettre un sérieux holà au gaspillage alimentaire.

Pendant les années de guerre où Anne Frank rédigeait son cher journal, Miep Gies a dû trouver de quoi nourrir, sans éveiller les soupçons, une dizaine de bouches clandestines. Cette amie dévouée des familles juives terrées dans la célèbre Annexe, a écrit, plusieurs années plus tard, qu’il suffit d’avoir eu faim, vraiment très faim, pour ne plus jamais être capable de jeter le moindre bout de pain rassis. Et nous, sommes-nous réellement obligés d’attendre la famine avant de réagir?

jeudi 16 août 2007

Une roulante agonie

L’être humain, cela doit être inscrit dans ses gènes, a tendance à s’attacher aux vieux objets de son entourage. Il peut attribuer autant une valeur sentimentale à cette bonne vieille tasse dans laquelle buvait grand-père qu’à cet affreux t-shirt porte-bonheur criblé de trous. À voir ce qui roule sur les routes, cet attachement s’étend même aux moyens de locomotion. Sur nos chemins sinueux, les bazous sont rois!

Comparer le nombre de bagnoles ancestrales en cavale par rapport au nombre total de voitures qui passe devant chez soi suffit généralement à dresser un portrait peu reluisant de la situation. De nombreux véhicules tombent littéralement en ruines. Et alors? Avec les guerres, les famines, les épidémies et les catastrophes naturelles qui sévissent partout dans le monde, faut-il en plus s’alarmer de cette procession de vieux débris? Oui. Selon la Table de concertation sur l’environnement et les véhicules routiers, en 2006, sur 4 250 000 véhicules immatriculés, 1,7 million étaient âgés de plus de huit ans. En d’autre mots, le quart de ce qui sillonne le Québec ne répondrait plus aux normes sur les émissions atmosphériques.

Mais encore? Les impacts associés aux voitures mal entretenues ou trop âgées abondent. D’abord, bien que souvent peu coûteux à l’achat, les cancers sur roues engendrent rapidement de nombreuses dépenses, en bris imprévus et pièces à changer. Pis encore, les multiples défaillances techniques peuvent aussi devenir sources d’accidents de la route.

Côté environnement, le topo n’est guère plus réjouissant. L’Association canadienne des constructeurs de véhicules affirme que les émissions de polluants atmosphériques d’une voiture construite en 1993 équivalent à celles produites par douze modèles de l’année 2004. Que causent ces fameuses émissions? Smog, mauvaise qualité de l’air, gaz à effet de serre. Et si par malheur, en plus d’être âgées, ces automobiles sont mal entretenues et déglinguées, les pollutions sonore et visuelle s’ajoutent à la liste des désagréments occasionnés.

Pour ces multiples bonnes raisons, l’omniprésence de ces tacos ne laisse pas indifférents, on s’en doute bien, les organismes environnementaux. L’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) a même mis sur pied le programme « Faites de l’air », qui consiste à démolir publiquement une casserole routière qui a fait son temps. Cette activité de mise à la ferraille, extrême soit, se veut un outil de sensibilisation publique terriblement efficace

Pour donner encore plus de sens au geste d’offrir en pâture sa vieille voiture, si les arguments économiques et environnementaux ne nous suffisent pas, le programme Auto-Rein (de la Fondation canadienne vouée à cet organe) finance ses recherches et ses activités à même ce qui rouille et pétarade sur nos routes. En attendant la mise en œuvre d’un programme provincial d’inspection des véhicules, ces initiatives aident quand même la planète à retrouver son air de jeunesse.

samedi 11 août 2007

Sur la piste d'une empreinte

Si tous les habitants de la Terre vivaient et consommaient au même rythme que nous, Nord-Américains, il faudrait pas mal plus qu’une planète pour subvenir aux besoins de tous. En fait, certains vont jusqu’à dire qu’il faudrait quatre autres terres gravitant pas trop loin de celle qu’on a déjà.

D’où peut bien sortir une telle affirmation? Quel savant fou s’est adonné, des nuits durant, à calculer des colonnes de chiffres, à mesurer les hectares de terre et à extrapoler sur des courbes démographiques à l’échelle mondiale pour pouvoir prouver à quel point nous vivons au-dessus de nos moyens, tandis que d’autres tirent carrément le diable par la queue?

C’est grâce au calcul de l’empreinte écologique qu’on peut évaluer si notre mode de vie malmène la planète un peu, beaucoup, à la folie ou pas du tout. Pas besoin ici de dépoussiérer les calculatrices, ni de dresser de graphiques en pointes de tarte. Le professeur Rees et son comparse Matis Wackernagel ont, en 1995, fait tout le travail pour nous. Ensemble, ils ont peaufiné le concept de l’empreinte écologique en plus de lui attribuer une méthode de calcul.

Sans nécessairement verser dans les longs théorèmes, mentionnons seulement quelques grandes lignes du calcul de l’empreinte écologique. Pour arriver à leurs fins, les deux brillants acolytes se sont attardés à inclure, dans leur équation, les surfaces utilisées pour l’habitation, pour les productions d’énergie et alimentaire (sur terre et dans l’eau) et pour la production forestière. C’est entre autres grâce à ces variables, et à d’autre plus pointues encore, qu’ils ont établi un calcul permettant d’évaluer la « consommation de planète » par tête de pipe.

Depuis les quartiers de ces illustres théoriciens, le concept d’empreinte écologique a fait du chemin. Il est même parvenu aux yeux et aux oreilles des Internautes, non pas sous forme d’insondable document pour doctorant en mathématique, mais plutôt sous un jour beaucoup plus convivial, le jeu questionnaire. Accessible à tous pour peu que l’on inscrive « calcul empreinte écologique » dans notre moteur de recherche favori. Simplissime jusque là.

Comment savoir si mon train-train quotidien, d’apparence banal, charcute la planète à petit feu? En répondant aux questions, regroupées par catégories. Logement, achat, transport, alimentation, production de déchets, consommation d’eau sont quelques-uns des thèmes exploités. Ainsi, si je possède et utilise abondamment mes deux véhicules utilitaires sport, que chacun de mes repas comprend de la viande, que je prends l’avion deux fois par mois, que je vis seule dans un château chauffé au mazout, tous les éléments sont là pour que mon empreinte écologique soit jusqu’à neuf fois plus élevée que celle d’un paysan africain.

À part pour se sentir coupable, à quoi sert le calcul de l’empreinte écologique? À mettre des chiffres significatifs sur ce que l’on sait déjà, et l’espère-t-on, pour inciter à l’action.