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mardi 13 septembre 2011

Tel quel

Enceinte de Babou, j'étais pleine d'idées préconçues à propos de mon bébé à naître. D'abord, nous avions choisi de ne pas en connaître le sexe d'avance. Pfff, pas besoin d'une échographie pour me dire que je portais un garçon! J'en étais si convaincue que j'en rêvais plusieurs fois par mois. L'éventualité d'avoir une fille ne m'avait même pas effleuré l'esprit. Ou si peu, le temps de choisir un prénom au cas où...

La suite m'apprit que mon instinct de femme enceinte n'était vraiment pas infaillible. J'avais bel et bien une merveilleuse petite fille dans les bras et cette nouvelle perspective m'enorgueillissait presque à l'excès.

Ma fille, à deux secondes de vie, était déjà la réplique miniature de son papa. Elle l'est encore ceci dit, physiquement du moins. Dans cette optique, j'entrevoyais dès sa naissance des moments.... essoufflants. L'Homme, de l'énergie, il en a à revendre. Il m'est donc apparu inévitable que ma petite reproduise le modèle tornade-tourbillon-centrifugeuse de son paternel.

Les mois passèrent. Je m'attendais tellement à avoir engendré un petit monstre que nous fûmes, l'Homme et moi, complètement décontenancés de l'attitude de Babou lors de ses premières visites au parc.

Cette mini-fourmi, elle n'avait pas un an qu'elle pointait du doigt la lune, examinait délicatement les fleurs et restait plantée là à regarder courir, hurler et s'ébattre les autres amis du parc.

Où était la petite terreur que j'appréhendais? J'avais envie de voir ma fille faire le tour du parc en quatrième vitesse en s'époumonant. Au lieu de l'empêcher de débouler le talus sur son legging blanc cassé, je devais lui pousser dans le dos pour qu'elle daigne essayer une seule fois le trampoline, la glissade, la balançoire soucoupe.

Incrédules, l'Homme et moi avons mis ce comportement contemplatif sur le compte du jeune âge de notre demoiselle. Elle est encore petite, elle n'est pas solide sur ses jambes, elle aime regarder les autres enfants pour apprendre... Persuadée étais-je qu'un jour, je devrais la ramasser in extremis en plein sprint au beau milieu de la rue ou encore, perchée sur la corniche du garage.

Dans le champ étais-je sur toute la ligne. Nous avons finalement décrété, il y a deux ou trois jours à peine, que notre Babou n'est pas et ne sera jamais un petit paquet de nerfs pas tenable. J'en ai eu la certitude samedi dernier, alors que j'étais seule au parc avec mes deux matelots.

Lasse et fatiguée, j'avais simplement installé Petit Frère dans la balançoire et pour une fois, j'ai fiché la paix à Babou. Fais ce que tu veux, ma tourterelle, moi je donne une poussée à l'heure à Petit Frère en regardant voler les mouches.

Babou a farfouillé dans les cailloux. Regardé et commenté un match de tennis amical. Cueilli des fleurs en me parlant (encore) du gâteau d'anniversaire de ses rêves. Mangé une collation assise près de moi. Puis, elle est allée examiner de plus près une petite fille qui jouait avec son papa. Elle ne s'est pas jointe à eux, mais les a bien observé. Est revenue en trottinant vers nous. A enlevé-remis-enlevé-remis ses sandales -- il y avait des roches dedans. A constaté à voix haute qu'une dame et un monsieur d'un certain âge se balançaient dans les balançoires de grandes personnes.

Et pendant tout ce temps, je laissais aller. Terminé, la maman fatigante, la g.o. du tout inclus qui insiste pour que son enfant performe dans toutes les structures et modules de jeux du parc de quartier. Fini, l'espoir ridicule et inutile de voir son enfant devenir la petite tannante du parc que tous ont envie d'envoyer sur Mercure en forfait aller-simple.

Ai-je vraiment espéré un jour avoir une gamine turbulente au lieu de ma délicate poupette béate de contemplation? Elle a du frère Marie-Victorin dans le nez celle-là, et alors, tant mieux! Qu'avais-je donc à souhaiter autre chose pour ce trésor avec lequel je vis depuis deux ans et demi?

Petit Frère, lui, regardait sa biscotte et se balançait tout peinard en m'inondant les oreilles de "boua boua boua boua", le babil de l'heure sous nos latitudes. Rien ne laisse présager que cet angélique poupon incarnera la tempête que sa soeur n'est finalement pas. Un ciel bleu, un oiseau qui passe, un moteur de tondeuse à gazon et un craquelin et mon gamin a tout pour être heureux pour de très très longues minutes.

Hier soir, à l'heure du bain, à ce propos, l'Homme a dit cette sage parole. "On ne peut pas les changer". Nos enfants. Ils sont comme ils sont un point c'est tout, depuis la seconde où ils sont conçus. C'est bien parfait comme ça. Et de toute façon, j'adore les surprises.

jeudi 12 mai 2011

De la place pour Petit Frère

J'ai toujours un petit pincement au coeur en envoyant Babou à la garderie, le matin. C'est que je suis en congé de maternité, donc disponible pour elle.

Elle n'y va pas chaque jour. En fait, je l'envoie en général 3 ou 4 fois par semaine. Parfois 5 aussi! Pourquoi?

Parce que je paye sa place de toute façon? Oui, il y a un peu de ça.

Parce que je veux qu'elle socialise? Qu'elle apprenne le partage, l'attente, la résolution de conflit ailleurs que sous mon aile? Oui, bien entendu.

Parce que je veux qu'elle apprenne par l'exemple de ses pairs? Certes, mille fois oui. Car c'est au contact de ses amis de garderie que Babou a appris (tout dernièrement) à boire au « verre de grande personne » et à remonter ses pantalons toute seule. J'applaudis cet encouragement à l'autonomie dont font preuve quotidiennement les éducateurs de ma puce.

Parce que je souhaite qu'elle se forge un système immunitaire béton? Bah, non. Je ne crois pas que ma fille doive attraper 12 rhumes et 6 gastro par année pour être pétante de santé plus tard. À mon avis, moins on est malade, moins on est malade. Et moins Babou est malade, moins le sommes-nous par ricochet!

En vérité, si Babou continue de fréquenter régulièrement son service de garde en milieu familial, c'est pour laisser un peu de place à Petit Frère.

À ma plus grande surprise, quand je suis seule avec mes deux oisillons, ma grande m'accapare davantage que mon poupon. Passé les premières semaines de vie de Petit Frère, durant lesquelles j'allaitais une heure sur deux et passais la moitié de mes jours et de mes nuits à le réconforter pendant ses coliques, c'est Babou qui a pris le plancher.

« Maman! Lire un beau livre! » « Encore une histoire, maman! » « Maman, jouer dehors avec mon râteau et ma pelle-toute-petite! Non! Pas rentrer tout de suite!» « Maman, regarder un beau passe-partout avec des amandes et un verre d'eau! » « Maman, j'ai envie de pipi! »
« Maman, je veux dessiner avec mes crayons de Tatie-Marraine! »

Tel est l'humble aperçu d'une demie journée dans la vie de Babou.

Petit Frère dans tout ça? C'est le bon diable qui flotte doucement dans le sillon du cyclone Babou. Le bon public qui entend à rire, les yeux écarquillés d'émerveillement devant les pirouettes et comptines de la petite coquine. La bonne pâte qui patiente pendant que l'autre fait courir maman à gauche et à droite. Toujours prêt à céder sa place pour les priorités numéro 1 de Madame Chose.

Quand même, je sais quand la remettre à sa place, ma petite grimace. Si je ne m'objectais jamais devant les mille et une commandes de Babou, mon fils passerait toujours bon dernier, le pauvre! C'est pourquoi je répète si souvent à ma fille « Chacun son tour, les amis! » ou encore « Pas tout de suite, maman est occupée! »

Pour toutes ces raisons, oui, j'envoie et j'enverrai encore Babou à la garderie pendant mon congé de maternité, ne serait-ce que pour que ce petit ait au moins la moitié de l'attention dont sa grande soeur a bénéficié depuis le jour béni de sa naissance.

Il le mérite bien, mon poussin.

lundi 9 mai 2011

Laissons-les donc nous surprendre!

Bien souvent, quand je leur en donne la chance, mes enfants me surprennent tellement!

C'est mon amie Geneviève qui me l'a fait réaliser, un peu avant que Babou fasse le grand saut vers son lit de grande fille.

J'étais enceinte de Petit Frère. Babou avait ses 18 mois bien avancés et je confiais à mon amie que je ne savais pas trop quand, ni comment faire changer et de chambre, et de lit à ma si petite grande fille.

« Fais-lui donc confiance, elle va t'impressionner, comme elle le fait tout le temps ».

Comme cette nuit de novembre 2009 où j'ai décidé de ne plus me lever trois fois par nuit pour allaiter ma puce de presque 9 mois. J'en avais assez fait, n'est-ce pas? « Fais ce que tu veux ma puce, moi, je dors!» Elle a pleuré 40 minutes. Dès le lendemain, elle a dormi 12 heures en ligne. Scénario qui se répéta jour après jour jusqu'à aujourd'hui, à quelques rares exceptions près.

Comme cette autre fois où, à 15 mois et 29 jours, Babou s'est levée debout au chalet de ses grand-parents et y a fait ses premiers pas. Solide, pleine d'assurance. Oui, elle a marché un peu plus tard que la plupart de ses petits amis, mais quand elle a été prête, c'était pour de bon et sans jamais trébucher.

Ce fut aussi le cas pour le transfert dans le lit/chambre de grande fille. Un beau dodo et de belles siestes dès le commencement. Elle sentait qu'il n'y avait pas d'autre issue, et surtout, elle était prête.

Depuis quatre jours, notre jolie coquine se balade en bobettes. Aucun dégât n'a été enregistré. En somme, il lui a fallu une première fin de semaine à apprendre à se retenir (et où j'ai épongé quelques échappées). Puis, une semaine d'adaptation couche/bobettes, avec visites sur le pot à la garderie. Puis du jour au lendemain, elle nous a clairement signifié - à temps - ses besoins.

M-E-R-V-E-I-L-L-E-U-X.

Quand, avec mes enfants, je redoute de franchir une étape, je repense toujours à mon amie Geneviève. À sa Filou qui n'a jamais rien voulu savoir des petites roues sur le vélo et qui, à 8 ans, est partie pour de bon avec sa petite bicyclette, sans rien ni personne pour l'aider. Elle avait pris le temps d'observer et de se sentir d'attaque avant de prendre le large.

Les observer, puis leur faire confiance. Sans pression aucune. Les laisser aller.

Avec mes petits, la recette fonctionne toujours.

Inspirant tout ça.

lundi 18 avril 2011

Ces rencontres qui marquent

J'ai toujours été fascinée par ces rencontres de gens avec qui la connexion se fait instantanément. Je vous ai même déjà raconté celle-ci, si chère à mon coeur.

Suis-je particulièrement choyée par la vie? Est-ce le fait d'habiter une ville d'une dimension permettant ce genre d'heureux événements? Je n'en sais rien.

Dimanche, fin d'après-midi, au parc du quartier. Nous arrivons avec nos deux poussettes et leurs occupants, l'Homme et moi, pour permettre à Babou de se dégourdir les jambes. Au même moment arrive une maman et sa jeune demoiselle.

Nos deux coccinelles se balancent côte-à-côte et j'entame la conversation. Je m'intéresse toujours sincèrement aux enfants des autres, il faut dire. Elle a deux ans, la choupette, et porte une partie du prénom de ma fille. En creusant, j'apprends qu'elle est née sept jours après Babou, la même année. Avec la même équipe de médecins qui m'a suivie à ma première grossesse.

La conversation continue. La petite A. qui se balance près de Babou a également un petit frère, qui a très failli porter une partie du prénom de mon fils. Et qui est né sept jours après lui, la même année.

Ce pattern familial similaire nous fait sourire, nous étonne même, toutes les deux. Au fil de la conversation, qui se poursuit avec enthousiasme, nous découvrons habiter le même quartier pour les mêmes raisons : commerces de proximité, jolis parcs, circuits de poussette multiples et agréables.

Toutes les deux, nous le découvrons en discutant, avons vécu des accouchements naturels heureux et sans histoire et vivons toujours de beaux allaitements. Qu'il est bon de converser quand les valeurs sont sensiblement les mêmes! Qu'il est rafraîchissant de se sentir comprise sans avoir eu le temps de terminer une phrase!

Comme si ce n'était pas encore assez, la maman de A. a découvert en nous parlant qu'elle travaille exactement dans le même domaine que mon Homme, les terrains contaminés. Et qu'elle fait régulièrement affaire avec ses collègues. Décidément, nos routes se croisent à de multiples reprises.

Cependant, nous apprenons aussi que cette gentille petite famille changera très bientôt de quartier. Ça nous désole un peu, nous y voyions réciproquement un fort potentiel de voisinage familial. Qui n'est certes pas exclu, seulement un peu moins à portée de main.

L'avenir saura nous dire si nos chemins se croiseront à nouveau!

mardi 15 mars 2011

Histoire de prénom - la suite

Bien avant sa naissance, nous avions décidé que Bb2 porterait, s'il était un garçon, le prénom masculin que nous n'avions évidemment pas utilisé pour Babou.

É., qu'il s'appellerait. Notre amour pour ce prénom ne s'était pas affadi malgré les deux ans qui s'étaient écoulés depuis mon premier test de grossesse positif.

À l'approche de la naissance de Bb2, j'ai eu une conversation, un soir, avec ma belle-soeur, concernant notre choix de prénom. Elle avait soulevé le fait que É. était devenu assez commun, et que ça la surprenait qu'on nomme ainsi notre enfant, nous qui avions trouvé un prénom beaucoup moins fréquent pour notre belle Babou.

Peu après avoir raccroché, je suis allée me coucher.

Dans la nuit, j'ai fait un rêve/songe. En fait, aucune image dans ce rêve, mais plutôt une voix qui me suggérait le futur prénom de mon fils. Qui ajoutait un prénom à ce É. que nous aimions depuis si longtemps.

Un rêve sur fond noir, une voix off, un prénom que je n'avais jamais entendu mais qui sonnait très bien à mes oreilles : P.-É. Doux, musical, original mais pas inventé. Au petit matin, j'ai raconté cet étrange phénomène à l'Homme, qui a lui aussi aimé cette suggestion venue d'on-ne-sait-où.

Quand notre fils est né, nous avons hésité un quart de secondes entre É. et P.-É., puis nous avons opté pour le nom composé, qui de surcroît s'harmonisait avec le prénom de Babou. Mes enfants portent le nom de famille de leur père, très court, ce qui convient particulièrement bien aux prénoms composés.

Le lendemain de la naissance de notre petit garçon, Beau-Papa est venu nous visiter. Il nous a entre autres raconté, en tenant dans ses bras son premier petit-fils, qu'il avait eu une migraine la veille, malaise qu'il n'avait jamais eu auparavant. Est-ce une pure coïncidence, la durée de sa migraine correspondait à celle de mon accouchement, décalée d'une heure cependant.

Tout en regardant avec fierté et émotion son petit-fils, Beau-Papa nous a ensuite remercié de lui avoir donné le prénom P., celui-là même du grand-père de son père. Il pensait que nous connaissions ce détail généalogique et que nous lui avions donné ce prénom en guise de clin d'oeil pour la poursuite de la lignée.

Il fut donc bien surpris d'apprendre que ce prénom nous était arrivée par la voix des rêves, et nous, particulièrement touchés qu'une partie du prénom de notre fils soit celui de son aïeul.

Hier, nous avons fait baptiser notre adorable fils, qui est, pour le moment du moins, le seul à pouvoir transmettre le nom de famille paternel, la continuité de la lignée reposant entièrement sur les épaules de mon conjoint.

Bien que ce détail semble futile pour certains, il comptait beaucoup pour Beau-Papa, qui a profité de l'événement pour remettre à son fils la bague du Grand-Père, comme il le lui avait un jour promis avant que nous ayons nos enfants.

C'était fort sympa, ce petit rituel. Un jour, l'Homme pourra le refaire avec notre petit garçon devenu grand, qui tiendra peut-être aussi son propre fils dans les mains.

lundi 14 mars 2011

Une mise à jour s'impose

DU SOMMEIL...
Petit Frère vient tout juste d'avoir quatre mois. C'est un bébé calme, souriant et serein, un rayon de soleil quoi!

Pourtant, chaque jour, j'apprends à ses côtés à être une meilleure maman. C'est que mon petit bonhomme ne l'a pas facile au point de vue de la digestion. Ses deux premiers mois de vie n'ont été que pleurs de détresse, siestes entrecoupées de douleurs, nuits ponctuées de réveils, de cris et de tortillements.

Deux mois durant, il a dormi pratiquement toutes ses nuits couché sur mon ventre, en tétant mon petit doigt pour se réconforter (la suce n'était pas encore devenue son amie). Je me doutais bien que quelque chose dans mon alimentation lui causait toutes ces souffrances, tant et si bien que j'ai arrêté du jour au lendemain de consommer tout ce qui s'appelle produits laitiers, bovins, caprins et de soya.

C'est là qu'a enfin pu se faire la rencontre avec le petit trésor tel que décrit à la première phrase de ce billet.

Aux prises avec tous ces inconforts, Petit Frère bénéficiait d'emblée du cododo, le sommeil avec maman étant à mon avis la meilleure façon d'économiser l'énergie de toute la famille. Mais passées les nuits de coliques, je ne voyais quand même pas mon sommeil, ni le sien, s'améliorer.

Mon erreur aura été de penser que Petit Frère dormirait avec moi aussi bien que Babou le faisait au même âge. Cette petite buvait aux trois heures la nuit, et entre les boires, un petit loir. Nous dormions d'un sommeil profond, bien collées elle et moi, et bien qu'entrecoupées par de courts réveils, mes nuits étaient totalement réparatrices et je me levais chaque matin fraîche comme une rose.

Pas avec Petit Frère. Même sans avoir de coliques, mon petit garçon s'agite beaucoup durant la nuit, se tortille, tétouille quelques minutes, regimbe, chigne et gigote. De telle sorte que jusqu'à il y a environ deux semaines, je pouvais me réveiller entre 5 et 50 fois durant la même nuit. Une véritable aberration dont mes cernes peuvent encore témoigner.

Puis une nuit, n'y tenant plus de voir le petit tourbillon m'empêcher de plonger dans un sommeil enfin réparateur, je suis littéralement allée le larguer dans son lit. Débrouille-toi tout seul si tu n'es pas content!

Il a dormi trois heures d'une traite.

Mon fils aime dormir seul dans son lit! Tout le contraire de sa grande soeur qui y voyait là une trahison, un abandon parental que j'ai mis des mois et des mois à faire disparaître.

Mon petit coeur, tu fais de moi une meilleure maman. Tu m'enseignes en étant toi-même que tu as à vivre ta propre histoire, et ce, quoi que je fasse. Merci d'élargir mes horizons, petit garçon!

DE L'ALIMENTATION...
Les coliques et diverses douleurs digestives de Petit Frère sont en grande partie derrière nous... du moment où je ne commets aucune incartade alimentaire.

De temps à autres, je me risque à manger un microgramme de fromage et quelques heures plus tard, à mon grand désespoir, Petit Frère redevient le petit bébé torturé que j'ai côtoyé deux mois durant. Même rengaine avec le poivron rouge, qu'il ne supporte pas dutout.

Certes, mon alimentation manque d'un peu de soleil. Les pâtes et la pizza sont, sans fromage, d'un tel ennui!

J'avoue toutefois prendre quand même un réel plaisir à me creuser les méninges pour réussir des recettes en substituant les produits laitiers. Avec les boissons de riz et d'amandes et le lait de coco, je parviens à de très bons résultats! La viande de boeuf ne me manque pas tellement, puisque de nombreuses autres viandes sont à ma portée (cheval, poulet, canard, porc, lapin, sans compter les poissons).

Ceci dit, après deux mois de "sacrifice alimentaire", je crois en l'importance d'allaiter mon fils. Babou et son papa me supportent également très bien dans l'aventure, et mangent généralement la même chose que moi.

J'ai tout le reste de ma vie pour saupoudrer du parmesan sur mes fetuccinis, n'est-ce pas?


DE LA FRATERNITÉ
Babou semble apprécier de plus en plus Petit Frère. J'ai assisté dernièrement à des échanges de petits regards complices, à des sourires, et même, à des guilis guilis! L'apprivoisement se fait lentement, pas de façon constante, ponctuée de petits réflexes de possessivité de Babou, de petits deuils (non, pas mettre Petit Frère dans MA balançoire!).

Malgré ces légers, si légers accrocs, j'entrevois des jours heureux entre mes deux enfants qui très bientôt s'amuseront ensemble, regarderont Passe-Partout lovés un contre l'autre sous la même doudou et partageront leurs collations.

Aussi, il faut voir les grands yeux admiratifs de Petit Frère suivre sa grande soeur dans toutes ses aventures. Un spectacle tellement attendrissant!

À la lumière de chacun de ces constats, je me demande, à l'occasion, quelle personne je pourrais bien être devenue si je n'avais pas à mes côtés ces petits êtres aussi exigeants qu'énergisants.

Je serais mieux habillée, mieux coiffée. J'aurais plus de temps à accorder à mes amitiés et je connaîtrais certainement beaucoup mieux les dernières sorties cinématographiques ainsi que les meilleurs 5 à 7 en ville.

N'empêche...

Mes enfants, mon oxygène. Vous m'amenez ailleurs, mes amours, et ça n'a pas de prix.

vendredi 18 février 2011

Le récit de ta naissance

Mon trésor,

Il y aura bientôt trois mois que tu es parmi nous. Déjà! C'est à peine si je me souviens ce qu'était mon quotidien sans tes beaux yeux clairs et tes petits airs coquins.

Depuis le jour 1 de ta vie, je pense à ce récit, celui de ton arrivée si parfaite dans notre univers, dans notre famille. Et les jours et les nuits passent, et la vie qui n'arrête pas... Toutes les raisons sont bonnes pour faire passer les obligations ménagères avant la rédaction de ton histoire. C'est la réalité de bien des mamans, mon garçon!

Il faisait soleil, le 25 novembre dernier, mon bonhomme. Dès ma première contraction, qui m'a tirée du sommeil à 3 h 45 du matin, je savais que tu arriverais ce jour là. J'étais prête à t'accueillir, il faisait beau, ta grande soeur passerait la journée à la garderie et dormirait chez Tatie, le congélo était plein. « Viens t'en bébé! »

Il faut dire que j'avais eu une fausse alerte une semaine et demi plus tôt, en pleine nuit. Des contractions assez régulières et douloureuses pour que j'aille me couler un bain, mais comme des dizaines de petits détails techniques restaient à régler pour permettre l'accouchement à la maison que je désirais, je t'avais supplié d'attendre encore un peu, au chaud dans mon ventre. Ce que tu avais fait, gentil petit coeur. Les contractions avaient cessé et le lendemain, ton papa a piqué un sprint pour accomplir la liste de choses à faire pour ton arrivée chez-nous.

Dans la matinée du 25 novembre, mes contractions étaient très irrégulières, et très très supportables. Tellement que ton père est parti travailler -- il devait se rendre sur le terrain pour terminer un dossier important. Je l'ai laissé partir en ne sachant pas trop si tu te pointerais rapidement ou pas, mais en lui faisant promettre de s'asseoir sur son téléphone cellulaire : )

J'ai eu un petit pincement au coeur en voyant partir ta grande soeur, si petite encore, à la garderie. Mon bébé, tu devras maintenant être mon aînée!

À 8 h 30 le matin, j'ai appelé M., ma deuxième sage-femme car É., la première, n'y était exceptionnellement pas. Étrange, mais depuis quelques temps, je sentais que j'accoucherais en présence de M. Je lui ai dit ne pas trop savoir où j'en étais avec l'évolution de mon travail.

Moins d'une heure plus tard, elle vérifiait mon col et m'annonçait que tu serais parmi nous bientôt, dilatée que j'étais à 4 cm, membranes bien bombées. Encore à ce stade, peu de contractions, et une douleur plutôt soutenable. Tellement que M. m'a proposé de me quitter et d'attendre mon appel. Elle tenait par contre à ce que la stagiaire M.-É. soit arrivée chez nous pour me laisser entre bonnes mains.

J'appelle ton papa et lui dit de ne pas tarder à revenir à la maison. J'appelle Ge, notre bonne fée, qui s'occupera de la logistique -bouffe-café-débarbouillettes-lavage pendant l'accouchement à domicile.

Finalement, M. n'est jamais repartie. 45 minutes après l'examen du col -- le seul que j'aurai de toute la durée de l'accouchement, à ma demande -- une véritable douleur me foudroie. Le visage me change drastiquement, je respire profondément, les yeux fermés. M. ne partira pas, il n'en est pas question! Il est 10 h, début du travail actif.

Les contractions s'enchaînent à un bon rythme. Je les prends toute seule, assise sur le ballon, dans ma salle à manger que le soleil inonde. M. prépare son matériel d'accouchement.

Je commence à trouver la douleur difficile à supporter. Ton père arrive au moment où je commence à douter de ma capacité à supporter la prochaine contraction. Il est survolté, il a couru dans les corridors de son bureau et a adopté la conduite "cowboy" tellement il sentait la soupe chaude.

M.-É. et Ge arrivent presque en même temps, vers 10 h 45. Les deux sont assez surprises de me voir déjà dans ma bulle, à respirer, à faire des sons pour passer les contractions. Oui mesdames, le travail avance vite. Je ne m'en plains pas!

M. se berce tranquillement en lisant le journal, dans un rayon de soleil, nous lance un ou deux conseils à l'occasion, remplit calmement de la documentation. Sa présence est respectueuse et discrète, elle sait ce que je suis capable d'accomplir sans son intervention. J'apprécie.

Ton papa débute les massages, aidé de M.-É. Quand ta soeur est née, ce type de points de pression m'avaient tellement aidée! Mais là, je n'arrive pas à trouver de position, tout m'est insupportable. Je change constamment d'appui, je bouge, je me tortille. Ciel, faites que cet accouchement ne dure pas trop longtemps, c'est si intense!

M. me dit que la pression que je ressens dans le bas de mon ventre, ce sont mes membranes qui ne veulent pas se rompre. « Tu es capable de les faire se rompre par elles-mêmes, nous n'interviendrons pas, concentre toi là-dessus!» C'est ce que je fais et quelques temps après, je me rends aux toilettes pour ce que je pense être un pipi et bang! Comme un ballon qu'on crève, je perds mes eaux! Ton père et moi sommes si contents du bon timing, pas de dégâts! Je suis soulagée - momentanément - puisque la pression dans mon ventre vient de diminuer.

On m'a coulée un bain. J'y entre le temps d'une contraction, mais M.-É. me sort rapidement de là, je viens de commencer à pousser. Vite, dans la chambre! La distance séparant la salle de bain de la chambre est d'à peine 6 -7 mètres, je la traverse en arrêtant au moins trois fois pour des contractions olympiques.

La deuxième sage-femme, N., et la stagiaire Mi. arrivent quelque part à ce moment là. Je n'en ai à peu près pas conscience, elles sont si discrètes! Je sais toutefois que Mi. a pris des photos pour immortaliser ton arrivée.

On m'installe sur le lit pour la poussée, à genoux, soutenue par ton papa, puis par Ge. Je pousse de toutes mes forces en ayant l'impression que rien ne se produit. Je veux que ça finisse maintenant, je suis à bout! Tout est allé si vite et maintenant, pourquoi tu ne descends pas?

Je repense à la naissance de ta soeur, pour laquelle le travail a duré 13 heures, mais au moins la poussée fut expédiée en quelques minutes. Aurai-je la force de pousser pendant une heure, deux heures?

Sentant poindre le découragement, M. intervient en me conseillant de me relever une jambe, pour être semi-accroupie. C'est le déclic, bébé descend, je sens la brûlure si particulière à ce moment de l'accouchement. Je suis pendue au cou de Ge (tellement que j'en ai été courbaturée pendant des jours entiers). Je pousse tellement fort que je ne respire qu'aux 5 minutes, il me semble. Je n'émets aucun son.

Ton papa et les sages-femmes/stagiaires sont accroupis au pied du lit, prêts à t'accueillir.

Quelques poussées plus tard, voilà ta petite tête. C'est si étrange de te voir à mi-chemin entre le monde aquatique et terrestre. Nous te rencontrons sans connaître ton sexe tout de suite, c'est si particulier! Nous te caressons les cheveux, j'ai hâte que tout soit terminé.

Prochaine contraction, les épaules. M. t'aide à passer car ça coince un peu. Tu es né! La douleur n'est plus, c'est si bon de retrouver son corps indolore!!

« Un garçon! » Pas possible! Je ne suis pas particulièrement douée pour les « feelings » de grossesse, j'avais l'impression de porter une deuxième fille, alors que pour ta soeur, j'aurais mis ma main au feu que j'attendais un garçon. Me voilà maman comblée, une fille, un garçon. Je suis sous le choc, positivement parlant.

On m'aide à m'étendre pour l'expulsion du placenta. Et les tranchées, ces contractions qui aident l'utérus à reprendre sa dimension d'origine, me surprennent par leur intensité. Elles dureront plusieurs jours, malheureusement! J'ai mal, je tremble, j'ai froid, je suis épuisée, mais tu es là et déjà, tu t'agrippes à mon sein et veux téter vigoureusement. Tu seras, au sein, tout le contraire de ta grande soeur, qui avait mis des jours et des jours à développer ce réflexe inné.

Tu es collé sur moi, mon bonhomme. Mon ourson, mon petit coco d'amour. Bienvenue dans notre famille, bienvenue chez toi, dans ce lit, dans cette chambre, dans cette maison. Sur cette planète.

Accoucher chez soi, c'est prendre sa douche dans sa propre salle de bain une heure après avoir donné la vie. C'est souper avec ce qu'il reste dans le frigo, en tenant d'une main son nouveau-né et en débarbouillant le visage de sa puce de 20 mois et demi. C'est se bercer dans la salle à manger pendant que l'amie de la famille plie les draps et linges et débarbouillettes qu'elle vient de laver, pour que tout soit en ordre après l'arrivée de bébé.

Mais plus que tout, accoucher chez soi, c'est mettre au monde dans la plus pure simplicité.

Tu es né à 39 semaines et un jour, à 12 h 49, mon petit garçon de 8 lb et 1 once (je pouvais bien avoir ce ventre énooorme!). En moins de trois heures de travail, tu étais dans mes bras, ce qui nous a tous réjouis, moi en particulier.

Depuis, tu ne cesses de nous surprendre. Merci à toi, petit cadeau de la vie!

mercredi 12 janvier 2011

C'est mon travail, c'est mon métier...

Je vis très différemment ce deuxième congé de maternité. Je suis certainement plus décontractée.

Avec Babou, il y a 22 mois, j'étais affolée à l'idée de penser que je venais de m'enfermer pour 18 ans dans la maison avec un petit être entièrement dépendant de sa mère. J'étais sérieusement convaincue que je ne dormirais plus trois heures en ligne pendant au moins un an, que j'allaiterais pendant une heure et demie à toutes les deux heures pour au moins six mois.

Quel choc, quand même, que ces premiers pas dans ma vie de maman. Pendant les toutes premières semaines de la vie de ma toute-belle, faire la vaisselle, récurer la cuvette, toute tâche normalement désagréable me paraissait une délivrance en comparaison à mon rôle plus ou moins habile d'allaitante-endormisseuse. J'étais si certaine d'être l'esclave de mon enfant pour l'éternité que je n'avais qu'un objectif : l'endormir et la déposer quelque part.

Vous aurez compris que ce fut exactement le contraire qui se produit. Ô misère que cette fillette avait du mal à sombrer dans un bon sommeil durable! Et évidemment, exit jusqu'à l'idée même de la déposer une fois endormie, j'en étais alors quitte pour tout recommencer mon épuisant stratagème d'endormissement du début, puisque miss Babou se réveillait presque à l'idée que sa maman la largue dans son lit! J'étais au bord du désespoir environ 12 fois par jour.

Heureusement, les mois passèrent, la routine s'installa et je compris à quelle vitesse affolante un congé de maternité se déroule.

Puis, enceinte de Petit Frère, je me suis prise à espérer un enfant plus facile à endormir, à déposer dans son lit. Je ne saurais dire si j'ai été exaucée. Maintenant que je l'ai dans les bras, ou dans le porte-bébé, je me surprends à voir les choses tout à fait différemment.

D'abord, il est certes plus facile à endormir. Mais il n'aime pas tellement non plus passer de l'enveloppante paire de bras parentale au matelas frisquet de son petit lit de bébé. Parfois il continue de dormir, parfois il me hurle de le reprendre à peine deux minutes après. Et ça me dérange tellement moins (voire pas du tout).

J'interromps tout autant mes tâches que quand ma mini Babou avait le même âge et me réclamait. Je passe autant de temps à promener Petit Frère dans la maison pour l'aider à passer ses désagréments gastriques. Mais je respire bien plus calmement quand il me hurle dans les bras que quand sa grande soeur avait elle aussi les blues du petit bedon.

Ma très chère amie Geneviève, qui a vu naître mes deux enfants et qui est aussi en ce moment en congé de maternité, me répète quelquefois cette affirmation tellement vraie, elle qui se lève la nuit pour allaiter sa petite merveille de six mois. "C'est mon travail, je suis payée pour ça".

Elle a tellement raison. C'est la définition même du congé de maternité : être payée pour voir grandir son enfant, dans ce que ce rôle a de plus gratifiant, ou de plus exigeant. Recevoir des sous pour assister à ses premiers sourires, pour l'aider à digérer, pour soigner un petit front poqué, pour introduire les aliments dans le bon ordre, pour frotter les petits cache-couches qui ont épongé un trop-plein.

Et comme pour le "vrai" boulot (celui pour lequel on déprime le dimanche soir et on jubile à partir du jeudi 17 h), il y a des moins bons jours que d'autres. Voilà tout.

À partir du moment où on prend une colique, une mauvaise nuit, une pénible journée à la fois, ciel que la vie à la maison avec bébé est plus douce.

Tout ça, j'aurais aimé qu'on me le dise textuellement quand je n'en pouvais plus d'avoir Babou accrochée à moi comme à une bouée de sauvetage. Bah, on me l'a peut-être même dit, mais je n'entendais pas; il fallait probablement que l'idée fasse son chemin.

Ça doit être ça, user de son expérience de maman... Sais-tu seulement à quel point tu es chanceux, Petit Frère?

lundi 10 janvier 2011

Accord au pluriel du mot «enfant»

Bb2, alias Petit ourson, ou encore mieux, Petit Frère comme l'a si magnifiquement baptisé Babou (alias Grande Fille), a eu six semaines.

Depuis une semaine, son papa est retourné au travail. Ce matin, sa grande soeur a repris la routine de la garderie. Depuis six semaines, je rêve d'alimenter ce blogue mais les minutes me filent entre les doigts. Ce matin, je soupire d'aise : un seul bébé à m'occuper et aucun jouet n'a bougé depuis plus de trois heures!

J'ai très hâte d'immortaliser le récit de la naissance de ce nouveau bébé, qui en ce moment, grogne dans le porte-babou et menace de se réveiller à tout instant! Je préfère attendre un moment plus propice pour le rédiger, mais en attendant, un petit résumé de notre vie à quatre s'impose :

En quelques mots, Petit Frère a un fort potentiel de bébé calme et contemplatif, mais comme il est en proie à de vilaines coliques et autres maux de ventre atroces qui le tirent de son sommeil plusieurs fois par jour/nuit, et ce, plusieurs fois par semaine, disons que mes cernes sous les yeux se rendent jusqu'en Afrique australe et ma patience est usée à 4/32 et selon l'Homme, ne passera pas l'hiver : ) (blague subtile pour ceux qui -rares j'en conviens- connaissent le monde formidable de l'usure du pneu automobile! Désolée, mon conjoint est issu d'une longue lignée de spécialistes du pneu).

Hormis sa détresse abdominale, Petit Frère a (lui aussi) de beaux grands yeux intelligents et éveillés. Déjà, il suit du regard sa grande soeur, comme s'il souhaitait participer à ses jeux et comptines (nombreux). Il gazouille, roucoule et agite vigoureusement ses bras et ses jambes quand quelque chose l'émerveille. Il sourit depuis qu'il a fêté son premier mois, mais à six semaines, on voit que ses sourires sont sentis et volontaires. Il n'existe pas de meilleure récompense pour une maman aux batteries à plat!

Petit Frère a donc aussi en commun avec Babou qu'il a la digestion ardue. Ça me désole, j'espérais sincèrement être épargnée par ces longues heures à promener de long en large un poupon rendu rigide par la douleur. Le sentiment d'impuissance parentale est à son maximum quand on voit ainsi hurler son tout-petit, et que, sans qu'on ose se l'avouer, il en vient à carrément nous taper sur le système. Difficile à gérer... Quand elle a eu environ trois mois, Babou a été exemptée de cette souffrance, souhaitons qu'il en soit autant pour Petit Frère.

On m'a dit, dernièrement, que les enfants qui souffrent de coliques dans les premiers mois de leur vie sont plus intelligents. Belle compensation, et à voir Babou, je suis tentée de croire cette affirmation un peu saugrenue...

Cette dernière, qui aura 22 mois demain, parle couramment. Sujet-verbe-complément. Cette petite m'étonne chaque jour : elle manipule déjà l'humour et sait quand nous envoyer un gag pour détendre l'atmosphère, elle nous fait part de réflexions surprenantes pour son âge, nous partage ses émotions (peine, maman! nous a-t-elle dit dans les premiers jours de vie de son frère, alors qu'elle s'ennuyait visiblement de sa paisible ancienne vie familiale à trois).

Pour l'aider dans cette adaptation, il y a la lecture et le dessin. Elle reconnaît son nom quand on l'écrit parmi nos gribouillis au crayon de bois. Elle est avide de ses livres d'histoire, les connaît par coeur (on lit ensemble, elle me dit un mot sur deux!), et nous lance des citations tirés de ses livres à tout moment de la journée.

Exemple? L'autre jour, elle me lance : Maman, ma vie a changé! (tiré du livre : Je viens d'avoir un petit frère). Très spécial d'entendre cette petite puce de même pas deux ans me partager ainsi ses émotions, parce que ça se voit dans ses grands yeux, elle comprend ce que ça peut signifier.

Et le temps des fêtes dans tout ça? Il est passé sans trop que je le vois. Épuisée, j'ai traîné ma présence fantomatique dans ma famille et ma belle-famille, puis le 27 décembre, nous sommes revenus à la maison pour ne plus en repartir. Quatre nuits à l'extérieur, c'était bien assez.

Par contre, Babou a adoré sa découverte de la magie de Noël, et s'extasie encore devant les décorations des retardataires. « Oh! Couronne de Noël! Ruban de Noël, sapin de Noël, Père Noël!» Sans compter que dans sa lettre au Père Noël, rédigée à la garderie, elle avant demandé comme cadeau... un beau sapin de Noël. Inutile de vous dire qu'elle l'a obtenu!

En vous souhaitant la bonne année 2011, je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures, écrites en direct de ce pyjama de polar bleu, éternel symbole de mon deuxième congé de maternité en autant d'années!

lundi 13 décembre 2010

Bienvenue Bb2

Petit Ourson est arrivé parmi nous par un beau 25 novembre ensoleillé, à 12 h 49.

Il, car c'est bien un garçon (surprise générale!), est né à la maison, dans le lit conjugal après un accouchement éclair d'une durée de 2 h 49. Une certaine période de latence -commencée à 3 h 45 le matin- avant le début du vrai travail m'a même fait douter que c'était bien le grand jour.

Finalement, tout a déboulé et en peu de temps, après une tempête de contractions, j'avais mon bébé garçon dans les bras!

Détails croustillants d'accouchement à venir... patience, nous nous ajustons à la vie à quatre!

lundi 15 novembre 2010

Ces surprenantes antennes

Incalculable, le nombre de fois dans ma vie où ma mère m'a téléphonée au moment même où j'avais besoin d'elle. Où j'étais soit en pleurs, soit en plein désespoir, en questionnement. Ou simplement en train de m'ennuyer.

Une maman, c'est connecté à ses petits. En tant que seule fille de la mienne, qui a également trois garçons, je peux même affirmer qu'un lien particulier unit une mère à sa fille.

Ce lien, je croyais qu'il était apparu lorsque je suis partie de la maison pour voler de mes propres ailes. Mais à l'approche de la naissance de Bb2, à voir comment réagit ma propre fille, je révise ma position.

Depuis quelques temps, Babou est insatiable de sa maman. Est-ce simplement un âge normal pour revenir vers maman, après plusieurs mois passés plus près de papa?

Je crois qu'il y a plus que ça. Ma petite fille sait. Elle sent ce qui se passe, et ça va au-delà des explications que je lui donne chaque jour : « Maman va donner du bon lait au bébé, changer la couche, consoler le petit bébé qui pleure, tu vas m'aider à prendre soin du bébé, n'est-ce pas, grande fille d'amour?»

À travers ces bribes d'information, Babou capte mon actuel dilemme intérieur : profiter à tout prix de l'exclusivité avec elle, qui s'achève, ou laisser davantage de place à papa, qui de toute façon a un lien si fort avec sa fille.

La réaction de Babou à mon attitude est celle d'un affamé devant une assiette remplie de victuailles. Elle m'empoigne, m'étouffe, m'étreint, me fait les yeux doux, chantonne mon nom dans toutes les tonalités. Opération charme d'un soleil à l'autre. Amour parfois violent (quand je suis couchée, elle se laisse cent fois choir de tout son poids sur mon gros ventre déjà rendu sensible aux multiples pirouettes de son locataire).

Le matin, elle vient avec nous dans le grand lit. C'est le bal des coups de pied au visage, dans la poitrine (ultrasensible évidemment), de la caresse des cheveux qui se termine en bonne poigne pour me faire réagir. Son papa essaie de me libérer de l'étreinte de ma petite vorace, et c'est avec rage qu'elle me revendique.

Ma fille a, en ce moment, un besoin viscéral de maman. Qui se traduit en gestes touchants, tellement touchants parfois qu'ils me font mal (pas terrible, se faire arracher les cheveux par une petite main moite et déterminée).

Ce matin, à la garderie, un gros chagrin. Pas une crisette d'enfant de 20 mois qui veut n'en faire qu'à sa tête (j'en ai assez au répertoire pour savoir comparer). Mais des pleurs de petite fille qui a besoin de sa dose de concentré de maman, à tout prix, tout de suite, avant de devoir la partager avec un petit frère ou une petite soeur.

Déchirant.

Mais réconfortant à la fois. Au-delà des mots, ma toute petite fille et moi, nous communiquons.

Ces surprenantes antennes mère-fille, déjà, nous les avons. Puissions-nous toujours les garder en fonction...

jeudi 16 septembre 2010

Ragoût de nouvelles plus ou moins fraîches

TRAVAIL-FAMILLE
C'est le retour de papa au travail! Depuis deux semaines, nous envoyons Babou à la garderie pour de longues journées, et nous, parents, bossons comme des dingues devant nos ordis respectifs, dans nos bureaux respectifs.

Malgré ses longues journées sans nous, Babou réagit plutôt bien. Le matin, pas besoin de la bousculer. Elle se réveille par elle-même, boit son lait tranquille, déjeune, vaque, joue. On a même le temps de regarder un brin de Passe-Partout en lui brossant les dents. Le soir, comme nous la couchons tôt (elle est crevée à 19 h), on se consacre à elle à 100 %.

Même si j'avais de grandes appréhensions face à ce rythme de vie assez effréné, je ne cesse de m'étonner de la capacité d'adaptation de ma poulette. Ce matin, je lui ai dit "garderie" et elle s'est dirigée vers la porte en disant "z'amis! z'amis!". Ça met un baume sur ma culpabilité maternelle...

Et puis, disons-le, nous reste six semaines à vivre cette routine, après quoi je commence mon prochain congé de maternité. À ce moment là, Babou ira encore à la garderie, mais pour des journées plus courtes, et peut-être pas chaque jour. Ça me permettra de la voir plus avant de mettre mon énergie sur petit Bb2 qui arrivera quelques temps plus tard.

POST-MORTEM VACANCES
J'ai eu droit à deux semaines de vacances cette année. La première fut plus tranquille, à la maison à terminer 50 et quelques tâches et projets. Comme le temps était, bah, bien ordinaire, c'était parfait pour relaxer aux alentours. La deuxième semaine, de canicule, se passa sur la route!

Nous sommes allés visiter nos amis à Québec, puis au Saguenay. Dans notre rutilante Tercel, Babou fut une passagère étonnamment patiente et joviale. Malgré la longue route, mamizelle s'émerveillait d'un drapeau aperçu là, d'une grosse maison, d'un monsieur qui agitait le drapeau orange de la construction, puis piquait un somme.

C'est plus du côté passager avant que ça craignait. Avec ma panse de 27 semaines, j'ai trouvé parfois pénible de me les cuire dans le taco sans air clim. Bb2, comme sa grande soeur, met à rude épreuve ma cage thoracique, toujours y est-il bien appuyé, ce qui me provoque une douleur lancinante que rien ne soulage, et surtout pas six heures de bagnole!

Voyant que la chaleur perdurait, en revenant de Jonquière, nous avons filé jusqu'au chalet parental, où nous avons passé deux jours de bonheur total à mariner dans le lac. Indescriptible bonheur.

GROSSESSE
Bb2 barbote depuis 29 semaines de l'autre côté de mon dos. Bien qu'on en parlait depuis l'achat du deuxième test de grossesse (qui confirma ladite gestation), c'est désormais confirmé. Je vais accoucher à la maison. Si la tendance se maintien, tout est en place, physiquement parlant, pour que Bb2 arrive à bon port dans le lit conjugal.

De tous les soucis vécus à la naissance de Babou, le plus grand a sûrement été : revenir à la maison après cinq jours à l'hosto. Défaire les valises, faire la montagne de lavage, retrouver le frigo à moitié vide, l'autre moitié étant désormais impropre à la consommation, et le plus important, ne pas savoir par où commencer pour présenter sa maison à bébé.

Démunie, fatiguée, dépassée par les événements, je ne savais pas quoi faire ni où mettre mon Babou de cinq jours, qui faisait un peu intrus dans cette maison qui sentait le renfermé et qui portait les traces d'un départ précipité en pleine nuit, presque une semaine avant.

Je ne veux pas revivre ça. Je veux donner la vie pour la deuxième fois dans ma tanière, dans la semi-obscurité, dans le silence, dans mes draps. Chez moi. Chez mon homme. Chez Babou. Chez Bb2. Chez nous quoi!

Espérons seulement que bébé sera tête en bas et en forme pour vivre cette aventure si naturelle que de venir au monde chez soi. Comme c'était la norme il n'y a pas si longtemps!

LANGAGE ET DÉVELOPPEMENT
Il va sans dire, Babou est un génie. Elle parle sans cesse. A découvert le pouvoir qu'a son humour sur notre humeur. Raffole des chansons et comptines et en invente même (passionnant que de voir germer sa jeune imagination!).

Mignon à souhait de la voir hésiter quand on lui pose une question :

- Babou, c'est quoi ça? (dit maman en pointant une carotte)
- Euh... euh... Tarottt! (de s'exclamer la bambine qui ne prononce pas encore le "k")

L'avantage d'avoir un enfant qui sait clairement se faire comprendre, c'est de passer à côté d'ô combien de frustrations causées par autant de malentendus.

Babou veut quelque chose? Elle le nomme. Et généralement, l'obtient. Aussi simple que ça.

BEAU TOUTOU, LA SUITE
La lune de miel entre Babou et Beau Toutou se poursuit, mais l'amour obsessionnel s'est transformé en petit bonheur pépère. Elle le réclame à l'heure du dodo, quand elle se lève le matin. Il demeure un incontournable de la trousse de survie à la garderie.

Mais pour le reste, elle peut vivre sans lui. Hier soir, Beau Toutou a pris son petit bain, puis séché à l'air toute la nuit, donc loin de Babou. Le prix de consolation? Dill, son croco. Il fait le boulot quand Beau Toutou est au toilettage pour ourson!

Voilà pour le petit tour d'horizon!

lundi 2 août 2010

Maman, si on chantait La fonte des neiges?

À ma première grossesse, je n’étais pas tellement à l’aise avec l’idée de parler à ma bedaine, lui faire écouter du Mozart, lui raconter des histoires et lui chanter des chansons. Je me trouvais ridicule de parler à voix haute, toute seule dans mon salon ou mon lit. Surtout que mon homme à l’époque travaillait à l’extérieur et que je passais mes semaines vraiment toute seule avec mon gros ventre.

Bref je lui parlais dans ma tête, à mon bébé. Je pensais à lui. Je me l’imaginais. Je me visualisais en l’allaitant, en me baladant en poussette, et me berçant dans le salon avec mon tout petit. Ça me déculpabilisait de ne pas être la maman super pro-stimuli-pré-natal.

Par contre, dès qu’elle est arrivée parmi nous, Babou a goûté à mon répertoire de chansons d’hier à aujourd’hui. Et quand je dis hier, c’est hier pas à peu près.

Je devais être en troisième année quand j’ai appris cet inoubliable hymne à la cabane à sucre, « La Fonte des neiges » ou quelque chose du genre. L’institutrice était ce genre de dame qui adooooorait les enfants, le bricolage, les promenades dans le bois, les biscuits, les marches main dans la main avec les petites filles dans la cour de récré, les autocollants au style un peu vieillot… et les chansons du terroir.

Elle-même et son mari avaient une cabane à sucre, alors c’est dire si c’est avec son cœur qu’elle nous a appris cette chanson. Tellement que plus de vingt ans plus tard, je la connais encore par cœur (faut dire, j’ai ce petit côté Grégory Charles/Rain Man en ce qui implique connaître des chansons pour toujours).

Alors je la chante à Babou, depuis qu’elle a ouvert les yeux sur notre monde. À tout propos, en toute occasion, je lui propose de chanter avec moi « La Fonte des neiges ». Et quelle ne fut pas ma surprise le jour où elle m’a montrée qu’elle la connaissait aussi!

Pour chaque phrase de la chanson, Babou dit le dernier mot ou syllabe, ça donne quelque chose à se rouler par terre :

Quand vient la fonte des nèèèzzzzzes
Chez tous nos bons habit’ aaaaaaaaaaaaaaaants
Les gens s’en vont en cort’ èèèèèze
C’est l’temps des sucres, c’est l’bon teeeeeeeeemmmmmmmmmmps
On voyage en grosse voit uuuuuuuuuuuuuuuure
Qu’importe la températ uuuuuuuuuuuuure
Pour s’réchauffer, on boit du laaaaaaaaaaiiiiiiiit (en vrai, c’est du thé mais comme Babou ne sait pas ce que c’est, elle a décidé de dire lait)…

Et ainsi de suite. C’était surtout beau de nous voir chanter ça à la canicule du début juillet, alors qu’on cherchait notre air du matin au soir!

Pour en revenir aux stimuli intra-utérins, j’ai décrété que BB2 commencerait déjà à partager avec sa grande sœur. Je fais à mon avis d’une pierre deux coups en divertissant ma belle Babou, car petit bébé a ainsi déjà droit à la longue liste de hits maternels et de duos mère-fille, aux comptines, aux épisodes de passe-partout et aux cris de joie issus des jeux de chatouilles et fou-rires.

Pas folle, la maman. Déjà en mode économie de temps!

jeudi 29 juillet 2010

La beauté est-elle vraiment dans l'oeil de celui qui regarde?

Enceinte de Babou, j'avais mille et une petites craintes. Avant l'écho de morphologie, j'étais assez sceptique quant à la possibilité qu'un bébé entier et bien formé, clé en main quoi, se développe dans mon ventre.

Après l'écho -- j'avais bien vu tous les morceaux -- ce doute a été remplacé par un autre : allais-je trouver mon enfant beau? Ses traits seraient-ils semblables aux miens, ou à ceux de son père? Ou de ses oncles? Tantes? Grands-parents? Ou un mélange heureux ou malheureux de tous cela?

Ce n'était pas une obsession, mais ça occupait assez souvent mon esprit. Je ne sais trop pourquoi mais j'étais comme certaine que je lui trouverais vite des détails qui me dérangent. Comme si je doutais de notre capacité, à l'homme et à moi, de fabriquer de beaux enfants. J'ai presque honte de l'avouer!

Quand Babou est née... j'ai d'abord eu la surprise de voir que c'était une fille. Puis j'ai regardé son nez : minuscule, un peu retroussé. Ses yeux, en amande. Ses oreilles, mini et bien collées sur la tête, qui elle était bien ronde. J'ai été rassurée par sa régularité. Mais je n'ai pas trouvé qu'elle était magnifique à se rouler par terre. Un bébé naissant est rouge, un peu bouffi et ses traits ne sont pas encore définis, un peu extra-terrestres même.

N'empêche, j'étais incrédule devant cette perfection : les morceaux étaient tous là, délicats et bien formés. Et puis bon, était-ce vraiment senti ou seulement "politique", mais tout le personnel de l'hopital la trouvait géniale, ma Babou.

En grandissant, ma fille n'a cessé, évidemment, d'embellir. Sur les photos de mois en mois, on la voit s'épanouir, s'éveiller, s'affiner. Même que maintenant, en toute modestie, je la trouve superbe ma petite. Ses grands yeux expressifs, son petit nez mignon, ses bonnes joues douces, sa bouche toute rouge et bien dessinée, ses quenottes bien alignées, son petit menton "craqué". Oh oui, elle est belle, ma Babou.

Même que quand je regarde nos photos de bébé, à son papa et à moi, je constate qu'elle est NETTEMENT plus mignonne que nous deux au même âge. Le mariage génétique a vraiment été concluant entre le papa de Babou et moi.

Et là, à mi-grossesse, le même petit doute refait surface... à mon grand désarroi. Car il y aura désormais un comparatif. Petit bébé le Second serait-il/elle aussi mignon que sa grande soeur?

La barre est haute, il me semble, et ça me fait sentir toute moche d'y penser...

lundi 5 juillet 2010

Accouchement, figure maternelle et solidarité féminine

Quand j'ai accouché de Babou, dès les premières contractions, j'ai téléphoné ma mère. Il était quoi, une heure du matin? Mais jamais, jamais l'idée de la réveiller en sursaut en pleine nuit ne m'a traversé l'esprit. Je savais que ma mère entendrait la sonnerie et comprendrait.

Elle avait compris, juste au ton de sa voix. Calme, sereine, fébrile mais apaisante. J'avais le besoin irrépressible de savoir qu'elle penserait à moi, sa seule fille, pendant les prochaines heures.

Et quelles prochaines heures! Le travail fut progressif, mais quand même intense. Aux cinq minutes en partant, puis trois, puis 2...

La douleur, comme on me l'avait souvent décrite, allait toujours en s'intensifiant. Mais grâce aux massages, aux chants tibétains en boucle et à ma totale et complète désinhibition me permettant de vocaliser sur tous les tons graves et rauques la douleur - et ce malgré le va et vient d'infirmières toujours changeantes - je tolérais.

Puis quand j'ai commencé à me sentir perdue malgré les bonnes mains fortes de mon homme qui me pétrissaient les reins, j'ai eu besoin de G. Ma grande amie qui deux fois-et depuis hier, trois fois-avait accouché. Cent fois, m'avait rassurée, raconté, écoutée. Je la voulais près de moi, oui, mais aussi près de mon homme, qui malgré tout son bon vouloir, demeure un homme qui ne connaîtra pas cette douleur. Quoi qu'il fasse.

Une fois G. à mes côtés, la petite panique intérieure s'est apaisée. La douleur continuait d'augmenter, mais je ressentais sa présence comme une halte bienfaisante. Comme une tisane citron-miel entre deux quintes de toux.

En parallèle, tout au long de mon accouchement, je pensais à ma mère. Aux quatre fois où elle était passée par là. Dont une première fois, où après des heures et des heures de travail, on lui avait pratiqué une épisiotomie si brusque qu'aux dires de mon père (qui, mystérieusement, n'est pas mort sur le coup) a fait le même bruit qu'une branche qu'on coupe au sécateur.

Puis une autre fois, toute seule, car mon père n'avait pas eu le temps d'arriver, pris par surprise par ce petit prématuré qui avait choisi d'arriver dans leurs vies cinq semaines plus tôt que prévu.

Et une troisième fois, où tout s'était passé si vite que le médecin en avait presque échappé mon frère par terre.

Quatre fois elle avait réussi à traverser ce passage dans lequel je me trouvais maintenant. Je serais capable d'en faire autant pour au moins une fois, me répétais-je inlassablement.

Et je pensais aussi à sa mère. Ma minuscule grand-mère, menue et délicate qui pourtant, avait 10 fois plutôt qu'une donné la vie. Si cette petite grand-maman que j'ai connue si frêle avait réitéré 10 fois...

Et finalement, je pensais à mon autre grand-maman, encore vivante celle-là, qui, à 93 ans, peut encore nous parler de ses onze accouchements. De ces onze petits mousses - le neuvième pesant 11 livres - qu'elle a tous allaités. Avec lesquels elle codormait. Onze fois son corps avait été soumis aux grandes douleurs. Diable, rien ne pourrait m'empêcher de réussir le onzième de son exploit!

C'est accompagnée physiquement, télépathiquement, spirituellement par toutes ces figures maternelles que s'est faite l'entrée dans le monde de ma fille.

Depuis, j'y repense souvent. À ce stade-ci de ma présente grossesse, je sens le besoin très vif de me replonger dans ces souvenirs encore frais. De lire à ce sujet.

Un article parcouru aujourd'hui expliquait justement ce besoin instinctifs qu'ont la plupart des femmes d'être accompagnées par une paire. Une femme, une figure maternelle. Une amie, une soeur, une sage-femme, une accompagnante.

C'est ce que j'avais fait d'instinct.

Étonnant de voir qu'à l'ère de toutes les modernités et anesthésies, il fonctionne encore, celui-là...

lundi 17 mai 2010

Quand le p'tit coeur fait boum

Toujours la même excuse poche je vous sers en entrée : je manque de temps.

Toujours le même plat principal je vous envoie dans les dents, une charmante liste des dernières péripéties!

- On a eu notre première visite au Centre de maternité la semaine dernière. Nous avons rencontré notre SF, discuté, rit, écouté. Puis nous avons entendu le fameux Taka-Takata qui rend dingue. Papa avait les larmes aux yeux, et je ne vous raconte pas mon sourire niais. Coucou, bébé 2!!

- Dans le même ordre d'idées, j'ai bientôt franchi le premier trimestre. Ce jeudi, rendez-vous à l'écho de la clarté nucale. Pour Babou, je n'en avais pas passée. Pas de place, et indifférence doublée de confiance absolue en la santé de mon petit colocataire, Babou en l'occurence. Là, je ne sais pas, j'ai le goût de le voir là, maintenant, ce boubi, et de savoir que ça plane pour lui/elle. Dans trois dodos quoi!

- Finie, la traversée du désert (lire : la période où l'alimentation en général provoquait de profonds soupirs d'anxiété et de dégout). Je retrouve un plaisir relatif à piocher dans mon assiette avec entrain. Je n'ai pas retrouvé la zénitude totale face à certains groupes alimentaires, mais au moins, plus de cauchemar devant un pied de brocoli.

- Je n'ai encore jamais abordé la question publiquement, mais bon, je fais un coming out de couches jetables. Malgré un kit complet de couches lavables, que j'ai utilisé de nombreuses fois, que j'adore laver, étendre sur la corde, plier, alouette, je ne les utilise pas. Avant de me lapider d'injures, venez donc voir les foufettes de Babou après trois jours aux couches lavables. Un champ de mines, une étendue martienne, une surface à vif.

Personne ne saurait endurer ce triste spectacle. Ma fille fait de l'eczéma sitôt qu'on lui met une couche autre que jetable. J'ai réessayé trois ou quatre fois, changé de crème, ajouté des micropolars. La solution serait de la changer de couche lavable aux cinq minutes. Mais sachant que changer une couche à Babou équivaut à 45 minutes de cardio en montagne, y'a pas un chrétien qui voudrait se farcir une telle mortification.

Alors on ramasse nos dents, on se fait un noeud là où je pense et on jette ses couches juste à côté de ses belles valeurs environnementales. Prions pour que celui qui pousse dans mon ventre ait l'épiderme un peu moins réactif...

- Une amie très chère a eu l'extrême gentillesse de nous prêter le coffret intégral de la série Minuit le soir. Boulimiques sommes-nous. Tard nous nous couchons. Fatiguée je suis. Que c'est bon, cette série!

- On a trouvé, dans une vente de garage, un parc pour bébé. Pour 50 douleurs, on a le truc génial tout équipé. Petit hic, une odeur de rangement dans la cave. Vous avez des trucs pour le laver en profondeur et lui faire retrouver son parfum originelle, c'est à dire, à douce senteur de rien du tout?

- Avec le beau temps qu'on annonce pour la semaine, je sens mes pouces verdir. J'ai hâte d'aller me chercher des feuilles de laitue à jet de pierre de mon assiette.

- Babou a eu quatorze mois. Elle n'a pas l'ombre de l'idée du désir de l'envie de vouloir marcher, mais faut l'entendre nous dire "alloooo?" sur tous les tons imaginables, en enchaînant avec un de ses deux incontournables hits "Passe, passe, passera, la dernière la dernière" et "On va faire un beau dodo" (création maison), qu'elle fredonne avec une petite voix juste. À vous fendre le coeur d'un bout à l'autre.

Voilà pour la petite récapitulation!

A bientôt pour des nouvelles de l'écho : )

mardi 6 avril 2010

Les paroles

Babou jase de plus en plus, et ne marche toujours pas. À quoi bon être sur deux patins quand ça va tellement plus vite à quatre pattes!?

On dit que les petits enfants apprennent une seule chose à la fois. Toujours est-il que mademoiselle développe beaucoup plus la communication que la motricité.

On dit aussi que les bébés comprennent beaucoup plus, et beaucoup plus tôt, que ce qu'ils sont capables d'exprimer. Je le constate de jour en jour en regardant aller mon Babou.

Ses dernières trouvailles? Bao, qui signifie se balancer. Dao, qui veut probablement dire dehors. Sssssa! SSSSSSA!, chat, pour les intimes. Sitôt qu'on prononce le mot vent, sitôt qu'elle se met à souffler. Quand je vais la chercher le matin, depuis qu'elle est toute petite, je lui répète qu'elle a fait un "bôôôôô dôdôôô!". Alors depuis environ deux semaines, elle commence la plupart de ses journées en disant "dôdô dô!".

J'adore entendre piailler mon petit poussin malin. Il paraît que son humble mère, vers les 7 ou 8 mois, jacassait déjà dans le téléphone, blottie dans les bras de son papa.

Autant ma fille est physiquement le portrait craché de son père, autant je peux maintenant affirmer qu'elle aura la jasette de sa mère.

vendredi 5 mars 2010

Post-mortem d'une première semaine loin de Babou

Juste avant de recommencer à travailler, j'ai eu un ras-le-bol sévère d'être à la maison. Le lavage, la vaisselle, les traîneries qu'on s'entête à ramasser (pourquoi au juste?) même si on sait pertinemment que cinq minutes plus tard, ce sera encore pire que l'état originel.

J'avais vraiment marre de l'aspect "entretien ménager" de mon statut de maman à la maison. Et même si mon incroyable Babou n'entre pas dans cette infâme, odieuse, abjecte, abominable catégorie, j'ose dire que ma patience était usée à la corde par les montagnes de tâches répétitives qui m'attendaient quotidiennement. En gros, je ne profitais plus de grand chose. Ce qui, j'en conviens, est franchement nul.

Et là bang! Est arrivé le lundi matin fatidique. Fer plat par ci, café par là, merde, je n'ai qu'une seule paire de pantalons qui me fasse encore, remerde, je dois me faire un lunch, rereremerde, j'ai le coeur en gibelotte de compote de crotte.

Babou, au milieu de la tourmente, s'était levée avant les aurores, comme si elle sentait qu'elle devait profiter de la présence de maman au maximum. La larme à l'oeil, j'ai tournoyé dans la maison en rassemblant mon nécessaire de femme de bureau. Crème à main (oh que je puis détester le savon à main commercial qui me rend la peau rêche comme du dessous de pattes d'éléphants), baume à lèvres, bouteille d'eau, mini-miroir, papiers mouchoirs, ainsi soit-il.

Un peu avant de quitter, nous nous sommes collés tous les trois. Ouf, le barrage a cédé. Où étaient passées ces 50 dernières semaines? Avais-je vraiment profité de chaque instant avec ma petite fille? Aurais- je pu être plus présente d'esprit, jouer plus avec elle, laisser de côté mes tâches pour la voir changer et grandir à vue d'oeil?

C'était donc ça, la première année de vie d'un enfant? Accoucher : quelques heures (mais quelles heures, saint-ciel!). Apprendre à allaiter : quelques jours. Consolider l'allaitement : quelques semaines. Et puis une fois ces quelques aspects maîtrisés, c'était donc vrai que tout passe aussi vite?

Oui.

Bah, il y a bien les mauvaises nuits. Les mauvaises siestes. Les mauvais rhumes. Les mauvaises journées. La mauvaise humeur de SPM qui revient, sans qu'on l'ait invitée, après quelques nombreux et bénéfiques mois de sabbatique qu'on transformerait bien en décennies si le désir d'avoir d'autres moussaillons n'était pas aussi viscéral.

Mais tout ça passe, rapidement. Déjà, la petite Babou à la peau toute rouge, cet étonnant petit paquet de 6 livres et 13 onces, cette toute petite créature qui somnolait au sein à mon grand désespoir et qui ne dormait jamais ailleurs que dans mes bras ou dans sa poussette, déjà se tient debout presque toute seule pendant plusieurs secondes et imite le cheval, le mouton, le poisson et le camion de pompier.

En enfilant mon manteau, j'ai regardé mon bébé, bien blottie sur son papa. Ils seront bien ensemble. Il (son papa) a le droit de vivre ce bonheur, ces moments si éphémères que j'ai eu pour moi toute seule pendant près d'un an. J'ai le devoir de lui offrir en cadeau ce qui sans aucun doute seront les plus beaux moments de sa vie.

J'ai donc repris le chemin du boulot en repensant à l'odeur si particulière des joues de Babou, un mélange subtil de lait et de peau de bébé, que j'ai respiré des après-midis entiers alors qu'elle roupillait dans mes bras. Avec la conviction ferme que oui, bien sûr, j'avais su profiter de chaque instant...

vendredi 12 février 2010

Une fée de logis qui porte la barbe : pourquoi pas?!

Je retourne au boulot dans deux semaines, après un long et extraordinaire arrêt de plus d'un an, pour la plus belle cause qui soit : Babou.

J'ai l'air zen comme ça, mais ce fait résulte d'un tiraillement, que dire, d'une valse-hésitation qui aura duré plus de deux mois. Y retourné-je ou pas? Garderie, oui ou merde? Maman à la maison? Travailleuse à temps partiel? Contractuelle? Garderie à deux jours semaine?

Aucune de ces réponses. Finalement, c'est Papa qui sera maintenant préposé au fourneau, au ménage, au lavage, au changement de couches, aux comptines pré et post siestes, aux collations am/pm, aux promenades de fin de journée, à l'épicerie, au pelletage de cour. Préposé à la vie familiale quoi!

Dans deux semaines, c'est maman qui donnera le petit bain de Babou. Qui franchira la porte à 8 h le matin, le coeur gros et fébrile, pour ne revenir que vers 17 h. Qui regardera avec un brin d'envie la complicité naissante entre un père et sa fillette.

L'entreprise où travaille le papa de Babou est d'une souplesse inespérée : un congé sans solde de six mois accordé avec enthousiasme (je répète, avec ENTHOUSIASME!) nous aura finalement permis de trancher pour ce chemin si peu fréquenté.

Papa ira bientôt prendre des marches avec mes copines encore en congé de maternité. Il m'appellera au travail pour me demander où sont les mitaines de Babou. Si elle peut maintenant manger des oeufs entiers. S'il est normal qu'elle ne veule pas dormir plus de 30 minutes le matin. Si on peut lui donner du Tempra si on pense qu'elle souffre du dentier.

Ça va me manquer, ce quotidien paisible mais accaparant. Répétitif, mais tout de même si valorisant. D'un autre côté, je suis heureuse de retrouver un défi intellectuel et une vie sociale plus effervescente.

C'est décidé : je retourne au boulot. J'ai l'esprit tranquille, c'est papa qui veillera au grain.

mercredi 10 février 2010

Larmes de cinéphile

Je ne pleure pas facilement devant un film. Ou peut-être devrais-je plutôt dire, avant, je ne pleurais pas facilement au cinoche ou dans mon salon.

Bah si, les scènes cultes m'ont fait tordre quelques mouchoirs. L'enterrement de Cléo, dans la Guerre des tuques, la détresse de Ponette qui essaie de déterrer la tombe de sa maman. Et si vous voulez vraiment, immanquablement me voir m'effondrer de chagrin, assoyez-moi devant Cinéma Paradiso, et je vous sanglote ça a mari usque ad mare. Les classiques quoi.

Je n'étais tellement pas du genre à m'éponger les quenoeuils devant un bon film qu'enfant, puis adolescente, je me moquais de ma mère qui avait la larme facile.

Ça, c'était avant le 11 mars 2009. Avant d'être maman.

Depuis que Babou est entrée dans ma vie, c'est comme si un grand pan de sensibilité avait remplacé mon stoïcisme cinématographique. La moindre émotion portée à l'écran, je la ressens à la puissance mille. Quand, en plus d'être triste, l'histoire concerne un ou des enfants, là madame, les larmes se bousculent au portillon. Mon coeur se brise en milliards de miettes. Je me cache les yeux, me tords et me mords les mains.

C'est que dans chaque minois défait, dans chaque sanglot infantile, je vois le visage et les larmes de ma propre progéniture. Je suis incapable de ne pas imaginer ma poupette plongée au coeur de la tragédie. Et ça m'est carrément insupportable.

Ça me console que mon homme vive la même chose. On est beaux à voir, tous les deux, avec nos quatre yeux tuméfiés qui regardent défiler les génériques.

Ça doit être ça aussi, être parent.