Il y a de ces individus qui nous paraissent, écologiquement parlant, fabuleusement irréprochables. Se privent de boire du café car le grain n’est pas produit localement. Chauffent minimalement la maison durant l’hiver et se vêtent en pelure d’oignon. Fabriquent eux-mêmes leur savon biodégradable. Détricotent leurs vieux pulls pour en faire des pantoufles. Pour ces gens, être plus catholique que le pape semble être une seconde nature, ce qui nous consterne.
Faire tout en son pouvoir pour réduire ses impacts environnementaux, c’est évidemment très bien. Mais conjuguer l’art d’être vert au plus-que-parfait peut parfois cacher un syndrome, semblable à celui des Gaulois qui craignaient que le ciel ne leur tombe sur la tête : l’éco-anxiété.
Holà! Sans insinuer que les comportements décrits en introduction découlent directement d’une écolo-déviance psychiatrique ou d’une angoisse de fin du monde amplifiée, les psychologues et autres spécialistes de nos bobos intérieurs ont récemment vu apparaître des symptômes intimement reliés au piteux état de la planète. En effet, les sujets souffrant d’éco-anxiété se révèlent particulièrement sensibles à l’abondance de mauvaises nouvelles à caractère environnemental. Comment?
Les bouleversements anticipés que causeront les changements climatiques, la désertification des sols, la présence de pesticides dans l’alimentation et la pollution en général génèrent, pour la plupart d’entre nous, un malaise, une inquiétude qui nous pousse à nous en tenir informés et à modifier raisonnablement nos habitudes de vie.
Chez les éco-anxieux, la réaction est poussée à l’extrême. Les prédictions peu réjouissantes des spécialistes du climat les empêchent carrément de dormir. L’idée de voir disparaître la banquise leur coupe littéralement l’appétit. Le moindre geste du quotidien (prendre une douche, utiliser une voiture) provoque un insoutenable sentiment de culpabilité. Les comportements peu soucieux de l’environnement de l’entourage sont perçus comme des attaques personnelles. En somme, ce qui est une préoccupation pour la plupart d’entre nous devient une cruelle obsession pour les personnes en proie aux sueurs froides, tremblements et crises de paniques propres à l’éco-anxiété.
Au-delà des nouvelles déprimantes concernant la qualité de l’eau, de l’air et de la Terre, c’est le ton alarmiste souvent employé pour décrire la débandade environnementale qui affecte si profondément ces personnes. C’est à ce moment que la thérapie sur mesure intervient. L’éco-thérapie vise à aider l’éco-anxieux à composer avec ses craintes et ses angoisses. À réapprendre à fonctionner normalement sans se mortifier toutes les fois qu’il consomme un espresso ou prend l’avion. À trouver un juste milieu entre la peur qui paralyse et la conscience environnementale qui pousse à agir… dans les limites du possible.
jeudi 22 novembre 2007
mercredi 21 novembre 2007
Une infestation de TIC
Manger bio-local-équitable. Se vêtir de façon éthique. Utiliser des produits de nettoyage écolos. Économiser l’eau et l’électricité. Réduire, réemployer, réutiliser, recycler, composter, covoiturer, amen. Si déjà vous posez la plupart de ces gestes, il y a de quoi vous sentir fier.
Mais si comme la très vaste majorité des Québécois, votre foyer est bourré de TIC (Technologies de l’Information et de la Communication), votre croisade vers un bilan environnemental parfait n’est pas terminée. Qui en effet n’a jamais eu à se départir d’un ordinateur désuet, d’une imprimante bicentenaire, d’un photocopieur néandertalien et d’un téléphone cellulaire complètement kapout? Qu’il se lève celui qui n’a jamais eu à traiter de près ou de loin avec l’un ou l’autre de ces malheureux engins.
Les TIC sont partout, toujours là pour divertir, rendre service et nous faciliter la vie cent fois par jour. C’est quand le glas sonne pour ces appareils que l’on déchante, car à l’instar de celles qui se dissimulent dans la fourrure de Pitou et Minou, éliminer les TIC n’est vraiment pas une sinécure. Surtout quand la durée de vie d’un appareil comme le cellulaire est d’environ deux ans. De vraies calamités que ces vielles TIC.
Parce que les matériaux qu’ils contiennent (plomb, béryllium, cadmium, mercure et cie) empoisonnent littéralement l’environnement si on les jette n’importe comment, se débarrasser des TIC n’est pas un jeu d’enfant. Dans ce contexte, à qui donc puis-je les léguer, pour l’amour?
À Sherbrooke, les éco-centres et certaines entreprises privées reprennent les vieux ordinateurs et cartouches d’imprimante. Ils seront ensuite reconditionnés ou démontés pour être recyclés. Au Québec, l’organisme Ordinateurs pour les écoles du Québec (OPEQ) remet en circulation du matériel informatique qui ne correspond plus au besoin des entreprises, mais qui fait amplement le bonheur des écoliers. Et récemment, certains magasins de produits électroniques à grande surface ont commencé à reprendre les TIC dont on ne veut plus.
Mais malgré tous les vertueux conseils reliés à la récupération et au recyclage de ces appareils, les TIC usagées et défectueuses demeurent difficiles à faire disparaître. Au fur et à mesure que ces produits gagnent en popularité, le problème relié à leur élimination s’accentue. Car il ne faut pas perdre de vue que bientôt, nombre de ces fabuleux gadgets seront brisés et irréparables ou carrément obsolètes.
Dans cette optique, il importe d’agir bien avant que le mal soit fait. Comment? En entretenant les TIC que l’on a déjà en sa possession. En prenant le temps, avant un achat, de bien évaluer et planifier ses besoins. En choisissant des appareils qu’on peut mettre à jour au fil des innovations technologiques et finalement, en exigeant des produits de bonne qualité et résistants, qui dureront longtemps.
Mais si comme la très vaste majorité des Québécois, votre foyer est bourré de TIC (Technologies de l’Information et de la Communication), votre croisade vers un bilan environnemental parfait n’est pas terminée. Qui en effet n’a jamais eu à se départir d’un ordinateur désuet, d’une imprimante bicentenaire, d’un photocopieur néandertalien et d’un téléphone cellulaire complètement kapout? Qu’il se lève celui qui n’a jamais eu à traiter de près ou de loin avec l’un ou l’autre de ces malheureux engins.
Les TIC sont partout, toujours là pour divertir, rendre service et nous faciliter la vie cent fois par jour. C’est quand le glas sonne pour ces appareils que l’on déchante, car à l’instar de celles qui se dissimulent dans la fourrure de Pitou et Minou, éliminer les TIC n’est vraiment pas une sinécure. Surtout quand la durée de vie d’un appareil comme le cellulaire est d’environ deux ans. De vraies calamités que ces vielles TIC.
Parce que les matériaux qu’ils contiennent (plomb, béryllium, cadmium, mercure et cie) empoisonnent littéralement l’environnement si on les jette n’importe comment, se débarrasser des TIC n’est pas un jeu d’enfant. Dans ce contexte, à qui donc puis-je les léguer, pour l’amour?
À Sherbrooke, les éco-centres et certaines entreprises privées reprennent les vieux ordinateurs et cartouches d’imprimante. Ils seront ensuite reconditionnés ou démontés pour être recyclés. Au Québec, l’organisme Ordinateurs pour les écoles du Québec (OPEQ) remet en circulation du matériel informatique qui ne correspond plus au besoin des entreprises, mais qui fait amplement le bonheur des écoliers. Et récemment, certains magasins de produits électroniques à grande surface ont commencé à reprendre les TIC dont on ne veut plus.
Mais malgré tous les vertueux conseils reliés à la récupération et au recyclage de ces appareils, les TIC usagées et défectueuses demeurent difficiles à faire disparaître. Au fur et à mesure que ces produits gagnent en popularité, le problème relié à leur élimination s’accentue. Car il ne faut pas perdre de vue que bientôt, nombre de ces fabuleux gadgets seront brisés et irréparables ou carrément obsolètes.
Dans cette optique, il importe d’agir bien avant que le mal soit fait. Comment? En entretenant les TIC que l’on a déjà en sa possession. En prenant le temps, avant un achat, de bien évaluer et planifier ses besoins. En choisissant des appareils qu’on peut mettre à jour au fil des innovations technologiques et finalement, en exigeant des produits de bonne qualité et résistants, qui dureront longtemps.
mercredi 7 novembre 2007
Petits exercices de mémoire
Jeudi, jour de l’épicerie. À peine rentrée du travail, je farfouille rapidement dans les circulaires à la recherche de produits en vedette cette semaine. J’ai faim, je suis éreintée et dehors, il fait un de ces sales temps. Ça fait déjà deux jours que le frigo n’a plus que le pot de moutarde, la sauce soya et la boîte de petite vache à garder au frais. Je me résigne donc à affronter ces fichus vents et marées. En route vers le supermarché (à reculons).
En franchissant les portes automatiques, autre tuile. Aaaarrgghhh malheur! J’ai ENCORE oublié mes sacs réutilisables, nombreux et multiples, à la maison. J’en possède même une véritable collection, bien accrochée dans le placard près de l’entrée. Le problème n’est donc pas de ne pas avoir de ce type de sacs, mais bien, sainte-misère, de ne jamais m’en servir.
Plantée à côté des paniers, je me sens stupide et seule au monde. Tous les clients qui arrivent peu après moi pavanent fièrement avec leurs sacs, multicolores et de tous formats. Un point pour la terre entière, zéro pour moi. Comment ont-ils fait, ces individus, pour développer ce réflexe environnemental maintenant très répandu? Suis-je désormais la seule étourdie à arriver bredouille aux portes du temple de l’alimentation? Serais-je la dernière représentante de l’espèce humaine à en ressortir avec de misérables sacs froufroutants et fragiles, qui semblent prendre un malin plaisir à se pourfendre à mi-chemin entre le coffre de ma voiture et mon vestibule?
De retour à la maison (avec mes !@#??#*&{¤ de sacs de plastique défoncés) je décide que la plaisanterie a assez duré. À quoi bon accumuler des sacs solides, coquets et lavables si en bout de ligne je les laisse croupir entre balai, vadrouille et planche à repasser? Je ne peux pas me fier sur ma mémoire à trois sous? Qu’à cela ne tienne, j’userai désormais de stratégie, en trois étapes infaillibles.
OPÉRATION POIGNÉE DE PORTE
Quelle est la dernière chose que je fais en sortant de la maison? Ouvrir la porte. Eh bien à partir de maintenant, quand je tirerai la bobinette pour que cherre la chevillette, il y aura toujours, sur cette poignée, un sac réutilisable. Du moins jusqu’à ce que je développe l’habitude de l’amener avec moi. L’évidence me sautera alors au visage : « Ne pars pas sans tes sacs, pauvre sotte ». Merci du rappel.
SAC GIGOGNE À LA RESCOUSSE
Comme la plupart des dames, je possède un sac à main qui contient l’équivalent d’une semi-remorque de bidules hétéroclites. Tant qu’à transporter la moitié de mes avoirs sur moi, aussi bien y ajouter un ou deux sac réutilisables bien pliés, qui seront toujours à portée de main en cas de courses imprévues.
AUTO ENTREPÔT
Enfin, en laissant en tout temps quelques sacs réutilisables dans ma voiture, idéalement à côté du frein à main ou dans le coffre, je n’aurai plus aucune bonne raison de laisser mes sacs d’emplettes aux oubliettes, quitte à rebrousser chemin avant de faire mon marché, mon magasinage du temps des fêtes, mes courses éclair à la quincaillerie, ma tournée des librairies, ma razzia au centre-ville, ma visite à la friperie, ainsi soit-il…
En franchissant les portes automatiques, autre tuile. Aaaarrgghhh malheur! J’ai ENCORE oublié mes sacs réutilisables, nombreux et multiples, à la maison. J’en possède même une véritable collection, bien accrochée dans le placard près de l’entrée. Le problème n’est donc pas de ne pas avoir de ce type de sacs, mais bien, sainte-misère, de ne jamais m’en servir.
Plantée à côté des paniers, je me sens stupide et seule au monde. Tous les clients qui arrivent peu après moi pavanent fièrement avec leurs sacs, multicolores et de tous formats. Un point pour la terre entière, zéro pour moi. Comment ont-ils fait, ces individus, pour développer ce réflexe environnemental maintenant très répandu? Suis-je désormais la seule étourdie à arriver bredouille aux portes du temple de l’alimentation? Serais-je la dernière représentante de l’espèce humaine à en ressortir avec de misérables sacs froufroutants et fragiles, qui semblent prendre un malin plaisir à se pourfendre à mi-chemin entre le coffre de ma voiture et mon vestibule?
De retour à la maison (avec mes !@#??#*&{¤ de sacs de plastique défoncés) je décide que la plaisanterie a assez duré. À quoi bon accumuler des sacs solides, coquets et lavables si en bout de ligne je les laisse croupir entre balai, vadrouille et planche à repasser? Je ne peux pas me fier sur ma mémoire à trois sous? Qu’à cela ne tienne, j’userai désormais de stratégie, en trois étapes infaillibles.
OPÉRATION POIGNÉE DE PORTE
Quelle est la dernière chose que je fais en sortant de la maison? Ouvrir la porte. Eh bien à partir de maintenant, quand je tirerai la bobinette pour que cherre la chevillette, il y aura toujours, sur cette poignée, un sac réutilisable. Du moins jusqu’à ce que je développe l’habitude de l’amener avec moi. L’évidence me sautera alors au visage : « Ne pars pas sans tes sacs, pauvre sotte ». Merci du rappel.
SAC GIGOGNE À LA RESCOUSSE
Comme la plupart des dames, je possède un sac à main qui contient l’équivalent d’une semi-remorque de bidules hétéroclites. Tant qu’à transporter la moitié de mes avoirs sur moi, aussi bien y ajouter un ou deux sac réutilisables bien pliés, qui seront toujours à portée de main en cas de courses imprévues.
AUTO ENTREPÔT
Enfin, en laissant en tout temps quelques sacs réutilisables dans ma voiture, idéalement à côté du frein à main ou dans le coffre, je n’aurai plus aucune bonne raison de laisser mes sacs d’emplettes aux oubliettes, quitte à rebrousser chemin avant de faire mon marché, mon magasinage du temps des fêtes, mes courses éclair à la quincaillerie, ma tournée des librairies, ma razzia au centre-ville, ma visite à la friperie, ainsi soit-il…
Du mégawatt au négawatt
Éteindre les lumières en quittant une pièce. Se servir d’une bouilloire pour porter l’eau à ébullition. Mettre un couvercle sur les casseroles qui mijotent. Baisser le chauffage avant d’aller au lit ou de partir pour la journée. Remplacer les traditionnelles ampoules incandescentes par les fameuses spirales fluo-compactes. Calfeutrer les fenêtres, poser des coupe-froid aux portes et dans les prises de courant. Alouette.
Pour certains, ces actions pourtant simples peuvent déranger les vieilles habitudes jusqu’à devenir franchement agaçantes et non fondées. Pourquoi diable économiserait-on l’énergie, ici? Le Québec n’est-elle pas une championne en matière de production énergétique? L’hydroélectricité, source d’énergie propre s’il en est une, ne nous fournit-elle pas tout le courant dont on a besoin et ce, à un prix dérisoire? Certes.
Mais une électricité bon marché constitue pourtant une arme à double tranchant. Parce que les factures d’électricité que nous recevons ne nous ne saignent pas (encore) à blanc, nous ne nous fendons pas (encore) en quatre pour minimiser notre consommation énergétique. Or une nouvelle source d’énergie, révolutionnaire, carbure justement aux efforts de réduction. L’électricité produite à partir des négawatts n’utilise aucune ressource naturelle. Son installation se fait rapidement, dans tous les coins possibles et inimaginables. Même le plus empoté des bricoleurs peut se procurer gratuitement ce formidable système qui, jamais au grand jamais, ne flanche.
Le négawatt, c’est la version énergétique du néant. Ou l’art de réduire sa consommation d’énergie plutôt que d’en produire toujours davantage, pour satisfaire des consommateurs de plus en plus gourmands. L’énergie non utilisée devient ainsi disponible et évite la construction de nouveaux barrages, de nouvelles centrales ou autres technologies coûteuses et contestées. Le principe du négawatt est simple : il suffit de consommer moins d’énergie. Non seulement synonymes d’économies, les watts non consommés ici peuvent même devenir lucratifs lorsque vendus, par exemple, à un coût supérieur à nos voisins du sud. Voilà qui devient intéressant!
Apparu dans le paysage depuis quelques années, le négawatt demeure, malgré ses multiples avantages, terriblement méconnu. À l’approche de la saison froide et de son festival du chauffage et des décorations de Noël, faisons donc une place aux négawatts dans nos foyers. Nos compteurs d’électricité n’ont qu’à bien se tenir!
Coup de génie environnemental
Quoi de plus exaspérant que de recevoir, par la poste, du courrier indésirable et non sollicité. À plus forte raison quand cet envoi comprend, en plus d’une promotion XYZ dont on a rien à poncer, une enveloppe réponse pré affranchie. L’équipe des abonnements du magazine Québec Science a compris ce non-sens. Leur enveloppe « tout en un » a ceci d’ingénieux qu’elle contient un rabat, pré affranchi et pré adressé, qui se replie et se colle sur l’enveloppe déjà existante, déjà utilisée pour l’envoi. Comme quoi les plus petits changements font parfois toute la différence. Vivement que ce concept arrive aux oreilles des institutions de crédit!
Pour certains, ces actions pourtant simples peuvent déranger les vieilles habitudes jusqu’à devenir franchement agaçantes et non fondées. Pourquoi diable économiserait-on l’énergie, ici? Le Québec n’est-elle pas une championne en matière de production énergétique? L’hydroélectricité, source d’énergie propre s’il en est une, ne nous fournit-elle pas tout le courant dont on a besoin et ce, à un prix dérisoire? Certes.
Mais une électricité bon marché constitue pourtant une arme à double tranchant. Parce que les factures d’électricité que nous recevons ne nous ne saignent pas (encore) à blanc, nous ne nous fendons pas (encore) en quatre pour minimiser notre consommation énergétique. Or une nouvelle source d’énergie, révolutionnaire, carbure justement aux efforts de réduction. L’électricité produite à partir des négawatts n’utilise aucune ressource naturelle. Son installation se fait rapidement, dans tous les coins possibles et inimaginables. Même le plus empoté des bricoleurs peut se procurer gratuitement ce formidable système qui, jamais au grand jamais, ne flanche.
Le négawatt, c’est la version énergétique du néant. Ou l’art de réduire sa consommation d’énergie plutôt que d’en produire toujours davantage, pour satisfaire des consommateurs de plus en plus gourmands. L’énergie non utilisée devient ainsi disponible et évite la construction de nouveaux barrages, de nouvelles centrales ou autres technologies coûteuses et contestées. Le principe du négawatt est simple : il suffit de consommer moins d’énergie. Non seulement synonymes d’économies, les watts non consommés ici peuvent même devenir lucratifs lorsque vendus, par exemple, à un coût supérieur à nos voisins du sud. Voilà qui devient intéressant!
Apparu dans le paysage depuis quelques années, le négawatt demeure, malgré ses multiples avantages, terriblement méconnu. À l’approche de la saison froide et de son festival du chauffage et des décorations de Noël, faisons donc une place aux négawatts dans nos foyers. Nos compteurs d’électricité n’ont qu’à bien se tenir!
Coup de génie environnemental
Quoi de plus exaspérant que de recevoir, par la poste, du courrier indésirable et non sollicité. À plus forte raison quand cet envoi comprend, en plus d’une promotion XYZ dont on a rien à poncer, une enveloppe réponse pré affranchie. L’équipe des abonnements du magazine Québec Science a compris ce non-sens. Leur enveloppe « tout en un » a ceci d’ingénieux qu’elle contient un rabat, pré affranchi et pré adressé, qui se replie et se colle sur l’enveloppe déjà existante, déjà utilisée pour l’envoi. Comme quoi les plus petits changements font parfois toute la différence. Vivement que ce concept arrive aux oreilles des institutions de crédit!
mercredi 24 octobre 2007
Un petit goût amer dans mon verre d'eau
Il y a parfois de ces illogismes. Dans certains restaurants européens, par exemple, il faut débourser quelques centimes d’euro pour aller changer son poisson d’eau. Même si on vient de s’hypothéquer la peau des fesses sur une table d’hôte hors de prix. Et même si le litre d’eau de source embouteillée, à trois bidous et demie s’il vous plaît, est à l’origine de cet urgent appel du petit coin.
Choc culturel, donc. Parce qu’ici au resto, non seulement s’enfile-t-on allègrement les verres d’eau sans créer la moindre petite hémorragie bancaire, mais quand nous tirons ensuite la chasse, c’est sans plonger la main dans le porte-monnaie. Bue gratuitement, éliminée sans payer. Se rend-on compte à quel point tout cela est facile et formidable? Pas exactement, non. On trouve chez nous une eau abondante et saine, sous observation à toute heure du jour et traitée avec une précision maniaque pour respecter des paramètres établis au microgramme près. Malgré toute cette eau disponible sur demande, sa consoeur embouteillée, vendue à prix d’or, collectionne encore d’incalculables adeptes.
Embouteiller de l’eau, fallait tout de même y penser. Bon d’accord, il est prouvé que du moment que l’on paie pour un bien ou service, on y fait généralement plus attention. Dommage qu’il faille embouteiller un liquide aussi vital que l’eau pour soudainement lui donner plus de valeur aux yeux du consommateur sensible au marketing. Et dommage que pour mettre de l’eau en bouteille, il faille autant de pétrole.
Oui, du pétrole. Pour fabriquer le satané contenant de plastique qui emmagasine ladite eau, souvent puisée à même l’aqueduc qui dessert certaines grandes compagnies d’embouteillage sans vergogne. Et encore du pétrole, cette fois pour livrer jusqu’au consommateur assoiffé son eau préférée, servie dans une jolie bouteille de PET (polyéthylène téréphtalate pour les intimes). Ce type de plastique, à grande valeur de recyclage, est cependant destiné à un usage unique. Parce que certaines substances toxiques sont libérées lorsque les agents stabilisants du plastique se dégradent, on déconseille toute réutilisation de ce type de contenant. Conséquence? La vilaine chose aboutit plus souvent qu’autrement à la poubelle.
Dans un contexte où nos municipalités s’évertuent en temps et en argent pour nous offrir une eau de la plus grande qualité, la vente d’eau embouteillée peut laisser un petit goût amer. Un grand verre d’eau mûri en fût de plastique et consommé dans un festival de gaz à effet de serre? Non merci, sans façon. Je préfère de loin remplir à ras bord mon indestructible bouteille réutilisable, ceci avec la bonne eau de ma municipalité.
Choc culturel, donc. Parce qu’ici au resto, non seulement s’enfile-t-on allègrement les verres d’eau sans créer la moindre petite hémorragie bancaire, mais quand nous tirons ensuite la chasse, c’est sans plonger la main dans le porte-monnaie. Bue gratuitement, éliminée sans payer. Se rend-on compte à quel point tout cela est facile et formidable? Pas exactement, non. On trouve chez nous une eau abondante et saine, sous observation à toute heure du jour et traitée avec une précision maniaque pour respecter des paramètres établis au microgramme près. Malgré toute cette eau disponible sur demande, sa consoeur embouteillée, vendue à prix d’or, collectionne encore d’incalculables adeptes.
Embouteiller de l’eau, fallait tout de même y penser. Bon d’accord, il est prouvé que du moment que l’on paie pour un bien ou service, on y fait généralement plus attention. Dommage qu’il faille embouteiller un liquide aussi vital que l’eau pour soudainement lui donner plus de valeur aux yeux du consommateur sensible au marketing. Et dommage que pour mettre de l’eau en bouteille, il faille autant de pétrole.
Oui, du pétrole. Pour fabriquer le satané contenant de plastique qui emmagasine ladite eau, souvent puisée à même l’aqueduc qui dessert certaines grandes compagnies d’embouteillage sans vergogne. Et encore du pétrole, cette fois pour livrer jusqu’au consommateur assoiffé son eau préférée, servie dans une jolie bouteille de PET (polyéthylène téréphtalate pour les intimes). Ce type de plastique, à grande valeur de recyclage, est cependant destiné à un usage unique. Parce que certaines substances toxiques sont libérées lorsque les agents stabilisants du plastique se dégradent, on déconseille toute réutilisation de ce type de contenant. Conséquence? La vilaine chose aboutit plus souvent qu’autrement à la poubelle.
Dans un contexte où nos municipalités s’évertuent en temps et en argent pour nous offrir une eau de la plus grande qualité, la vente d’eau embouteillée peut laisser un petit goût amer. Un grand verre d’eau mûri en fût de plastique et consommé dans un festival de gaz à effet de serre? Non merci, sans façon. Je préfère de loin remplir à ras bord mon indestructible bouteille réutilisable, ceci avec la bonne eau de ma municipalité.
mardi 9 octobre 2007
Des débouchés pour des bouchons
Qu’on les dévisse ou les tire de leur goulot, les bouchons donnent souvent le coup d’envoi à de belles soirées. À l’annonce d’une bonne nouvelle ou à la fin d’une étape qu’on souhaite souligner, le «pschiiiittt!» et le «wiiiiiin pop!» ont ce petit je-ne-sais-quoi de cérémonieux qui rend tout le monde fébrile.
Mais faute de débouchés, passé l’euphorie du tire-bouchon et le tintement des verres qui s’entrechoquent, les gardiens de l’élixir passent invariablement l’arme à gauche. Avec un peu de chance, certains aboutiront dans des projets d’art plastique. Les autres prendront l’aller simple vers le fond des poubelles, ou pire, seront carrément pichenottés dans quelque recoin broussailleux du terrain.
Or s’est-on déjà soucié du sort qui leur était réservé? Peut-on remercier les bouchons de leurs loyaux services en leur offrant autre chose qu’un service funèbre? Si oui, les matériaux utilisés pour la fabrication des bouchons valent-ils vraiment la peine qu’on s’évertue à réorienter leurs carrières? Voyons de quoi il en retourne.
D’abord, la production annuelle de ce qui colmate nos rouges, blancs et rosés s’élève à environ 340 000 tonnes de petits bouts de liège. Quand on sait que ce précieux objet est fabriqué à même l’écorce d’un arbre, le chêne-liège, il devient angoissant d’appliquer la solution finale aux aboutissants d’une si fragile ressource.
Le chêne-liège, qui pousse dans les zones de climat méditerranéen (Maroc, Tunisie, France, Portugal, Espagne), subit dans quelques régions les contrecoups de la déforestation. Aussi, une fois récoltée, l’écorce de liège prend de 8 à 12 ans pour se régénérer. C’est dire s’il est insensé de s’en départir une fois que les dalots sont rincés! Car si on ne peut réutiliser tel quel les bouchons, le liège réduit en miettes peut entrer dans la composition de panneaux isolants. Ainsi donc, un marché s’ouvre pour le liège usagé.
Plus ingénieux encore, un peu partout dans le monde, des réseaux de collecte de bouchons de liège sont organisés pour venir en aide à des œuvres de bienfaisance. Par exemple, l’association France Cancer récupère ces bouchons et les vend à une entreprise qui les transforme. La recherche sur le cancer s’en trouve ainsi financée à même les bouchons en fin de carrière. C’est pas beau, ça?
Cependant, avec les bouchons de bière, les choses se corsent. Même s’ils sont en partie constitués de métal, ils ne sont pas les bienvenus dans le bac de récupération puisqu’au centre de tri, ils se coincent dans les équipements. L’accès au bac de récupération leur étant interdit, forfait ne doit pas être déclaré pour autant. À Victoriaville, des étudiants du Cégep ont convaincus des bars de la région de récupérer ces précieuses capsules, qui sont ensuite vendues à un ferrailleur. L’argent ainsi récolté s’en va tout droit dans les coffres de la fondation de l’hôpital de la région. Comme quoi avec un peu de cœur et d’imagination, il existe bel et bien des débouchés pour les bouchons.
Mais faute de débouchés, passé l’euphorie du tire-bouchon et le tintement des verres qui s’entrechoquent, les gardiens de l’élixir passent invariablement l’arme à gauche. Avec un peu de chance, certains aboutiront dans des projets d’art plastique. Les autres prendront l’aller simple vers le fond des poubelles, ou pire, seront carrément pichenottés dans quelque recoin broussailleux du terrain.
Or s’est-on déjà soucié du sort qui leur était réservé? Peut-on remercier les bouchons de leurs loyaux services en leur offrant autre chose qu’un service funèbre? Si oui, les matériaux utilisés pour la fabrication des bouchons valent-ils vraiment la peine qu’on s’évertue à réorienter leurs carrières? Voyons de quoi il en retourne.
D’abord, la production annuelle de ce qui colmate nos rouges, blancs et rosés s’élève à environ 340 000 tonnes de petits bouts de liège. Quand on sait que ce précieux objet est fabriqué à même l’écorce d’un arbre, le chêne-liège, il devient angoissant d’appliquer la solution finale aux aboutissants d’une si fragile ressource.
Le chêne-liège, qui pousse dans les zones de climat méditerranéen (Maroc, Tunisie, France, Portugal, Espagne), subit dans quelques régions les contrecoups de la déforestation. Aussi, une fois récoltée, l’écorce de liège prend de 8 à 12 ans pour se régénérer. C’est dire s’il est insensé de s’en départir une fois que les dalots sont rincés! Car si on ne peut réutiliser tel quel les bouchons, le liège réduit en miettes peut entrer dans la composition de panneaux isolants. Ainsi donc, un marché s’ouvre pour le liège usagé.
Plus ingénieux encore, un peu partout dans le monde, des réseaux de collecte de bouchons de liège sont organisés pour venir en aide à des œuvres de bienfaisance. Par exemple, l’association France Cancer récupère ces bouchons et les vend à une entreprise qui les transforme. La recherche sur le cancer s’en trouve ainsi financée à même les bouchons en fin de carrière. C’est pas beau, ça?
Cependant, avec les bouchons de bière, les choses se corsent. Même s’ils sont en partie constitués de métal, ils ne sont pas les bienvenus dans le bac de récupération puisqu’au centre de tri, ils se coincent dans les équipements. L’accès au bac de récupération leur étant interdit, forfait ne doit pas être déclaré pour autant. À Victoriaville, des étudiants du Cégep ont convaincus des bars de la région de récupérer ces précieuses capsules, qui sont ensuite vendues à un ferrailleur. L’argent ainsi récolté s’en va tout droit dans les coffres de la fondation de l’hôpital de la région. Comme quoi avec un peu de cœur et d’imagination, il existe bel et bien des débouchés pour les bouchons.
Corvée automnale dont vous êtes le héros
Quand la flambée des couleurs ne tient plus qu’à un fil, que le moindre coup de vent ou la plus petite ondée rabat au niveau du sol les paysages spectaculaires, plusieurs sentent l’appel de la nature. Ou plutôt celui du combo sac et râteau. Souvent, le rituel se déroule dans l’exemplarité. Mais dans des cas de plus en plus rares, la besogne tourne au vinaigre.
Si vous avez une envie irrépressible de défier l’autorité, risquez d’abord un œil au scénario 1. Si vous adhérez sans rechigner aux bonnes pratiques recommandées, lisez directement le scénario 2.
Scénario 1 : Type plastique
Depuis votre plus tendre enfance, vous avez un faible pour les teintes orangées. Les agrumes, les carottes, les citrouilles, tout cela tombe directement dans votre palette de couleurs. Aussi, quand le vert feuillage estival tourne aux tons de terre, c’est bien simple, vous jubilez. Vous bichonnez vos râteaux, préparez vos gants de jardinage, surveillez frénétiquement la météo et brûlez même quelques lampions en espérant le grand coup de vent qui décrochera des arbres les milliers de paillettes multicolores.
Votre fébrilité est telle qu’elle vous aveugle. En vous ruant dans les grands magasins pour vous procurer de quoi ensacher vos feuilles mortes, jamais vous ne voyez cette affiche, placardée en toute évidence dans l’entrée du magasin, qui vous supplie d’utiliser des sacs de papier compostables.
Dans votre énervement, vous n’avez pas vu cette directive importante. Vous achetez encore cette année des sacs de plastique orangés, et ce, malgré une campagne de sensibilisation mise en oeuvre depuis trois ans. Retournez lire la deuxième phrase du deuxième paragraphe.
Scénario 2 : Type papier
Vous aimez depuis toujours le travail à l’extérieur. Aussi, quand le temps est au râtelage des feuilles mortes, vous ralliez vos parents et amis pour une corvée amicale. Le travail s’accomplit vite et bien, car vous avez prévu des râteaux et des sacs de papier pour toutes les paires de bras.
Pourquoi des sacs de papier? Parce que, vous l’avez appris en lisant votre journal municipal, la Ville organise chaque année une collecte spéciale pour récolter les feuilles mortes partout sur son territoire. Cette collecte s’étend sur tout un mois, soit du 22 octobre au 23 novembre 2007.
Encore cette année, la municipalité a été très claire dans son message. Les feuilles mortes ne sont pas des déchets, mais bien une matière organique de grande valeur. Comme on les utilise pour obtenir un compost de qualité, la Ville insiste pour que ses citoyens ensachent les feuilles dans du papier, qui se compostera aussi, contrairement à l’indésirable sac de plastique. Pour vous inciter à utiliser ses sacs de papier, disponibles dans les éco-centres, les bureaux d’arrondissement et les supermarchés IGA, la Ville subventionne même la moitié de leur coût. À 0,25 $ l’unité, il serait fou de vous en passer!
Vous comprenez le comment du pourquoi de la collecte des feuilles mortes et l’importance de les emmagasiner dans des sacs de papier. Félicitations! Vous avez gagné la partie!
Si vous avez une envie irrépressible de défier l’autorité, risquez d’abord un œil au scénario 1. Si vous adhérez sans rechigner aux bonnes pratiques recommandées, lisez directement le scénario 2.
Scénario 1 : Type plastique
Depuis votre plus tendre enfance, vous avez un faible pour les teintes orangées. Les agrumes, les carottes, les citrouilles, tout cela tombe directement dans votre palette de couleurs. Aussi, quand le vert feuillage estival tourne aux tons de terre, c’est bien simple, vous jubilez. Vous bichonnez vos râteaux, préparez vos gants de jardinage, surveillez frénétiquement la météo et brûlez même quelques lampions en espérant le grand coup de vent qui décrochera des arbres les milliers de paillettes multicolores.
Votre fébrilité est telle qu’elle vous aveugle. En vous ruant dans les grands magasins pour vous procurer de quoi ensacher vos feuilles mortes, jamais vous ne voyez cette affiche, placardée en toute évidence dans l’entrée du magasin, qui vous supplie d’utiliser des sacs de papier compostables.
Dans votre énervement, vous n’avez pas vu cette directive importante. Vous achetez encore cette année des sacs de plastique orangés, et ce, malgré une campagne de sensibilisation mise en oeuvre depuis trois ans. Retournez lire la deuxième phrase du deuxième paragraphe.
Scénario 2 : Type papier
Vous aimez depuis toujours le travail à l’extérieur. Aussi, quand le temps est au râtelage des feuilles mortes, vous ralliez vos parents et amis pour une corvée amicale. Le travail s’accomplit vite et bien, car vous avez prévu des râteaux et des sacs de papier pour toutes les paires de bras.
Pourquoi des sacs de papier? Parce que, vous l’avez appris en lisant votre journal municipal, la Ville organise chaque année une collecte spéciale pour récolter les feuilles mortes partout sur son territoire. Cette collecte s’étend sur tout un mois, soit du 22 octobre au 23 novembre 2007.
Encore cette année, la municipalité a été très claire dans son message. Les feuilles mortes ne sont pas des déchets, mais bien une matière organique de grande valeur. Comme on les utilise pour obtenir un compost de qualité, la Ville insiste pour que ses citoyens ensachent les feuilles dans du papier, qui se compostera aussi, contrairement à l’indésirable sac de plastique. Pour vous inciter à utiliser ses sacs de papier, disponibles dans les éco-centres, les bureaux d’arrondissement et les supermarchés IGA, la Ville subventionne même la moitié de leur coût. À 0,25 $ l’unité, il serait fou de vous en passer!
Vous comprenez le comment du pourquoi de la collecte des feuilles mortes et l’importance de les emmagasiner dans des sacs de papier. Félicitations! Vous avez gagné la partie!
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