mardi 15 mars 2011

Histoire de prénom - la suite

Bien avant sa naissance, nous avions décidé que Bb2 porterait, s'il était un garçon, le prénom masculin que nous n'avions évidemment pas utilisé pour Babou.

É., qu'il s'appellerait. Notre amour pour ce prénom ne s'était pas affadi malgré les deux ans qui s'étaient écoulés depuis mon premier test de grossesse positif.

À l'approche de la naissance de Bb2, j'ai eu une conversation, un soir, avec ma belle-soeur, concernant notre choix de prénom. Elle avait soulevé le fait que É. était devenu assez commun, et que ça la surprenait qu'on nomme ainsi notre enfant, nous qui avions trouvé un prénom beaucoup moins fréquent pour notre belle Babou.

Peu après avoir raccroché, je suis allée me coucher.

Dans la nuit, j'ai fait un rêve/songe. En fait, aucune image dans ce rêve, mais plutôt une voix qui me suggérait le futur prénom de mon fils. Qui ajoutait un prénom à ce É. que nous aimions depuis si longtemps.

Un rêve sur fond noir, une voix off, un prénom que je n'avais jamais entendu mais qui sonnait très bien à mes oreilles : P.-É. Doux, musical, original mais pas inventé. Au petit matin, j'ai raconté cet étrange phénomène à l'Homme, qui a lui aussi aimé cette suggestion venue d'on-ne-sait-où.

Quand notre fils est né, nous avons hésité un quart de secondes entre É. et P.-É., puis nous avons opté pour le nom composé, qui de surcroît s'harmonisait avec le prénom de Babou. Mes enfants portent le nom de famille de leur père, très court, ce qui convient particulièrement bien aux prénoms composés.

Le lendemain de la naissance de notre petit garçon, Beau-Papa est venu nous visiter. Il nous a entre autres raconté, en tenant dans ses bras son premier petit-fils, qu'il avait eu une migraine la veille, malaise qu'il n'avait jamais eu auparavant. Est-ce une pure coïncidence, la durée de sa migraine correspondait à celle de mon accouchement, décalée d'une heure cependant.

Tout en regardant avec fierté et émotion son petit-fils, Beau-Papa nous a ensuite remercié de lui avoir donné le prénom P., celui-là même du grand-père de son père. Il pensait que nous connaissions ce détail généalogique et que nous lui avions donné ce prénom en guise de clin d'oeil pour la poursuite de la lignée.

Il fut donc bien surpris d'apprendre que ce prénom nous était arrivée par la voix des rêves, et nous, particulièrement touchés qu'une partie du prénom de notre fils soit celui de son aïeul.

Hier, nous avons fait baptiser notre adorable fils, qui est, pour le moment du moins, le seul à pouvoir transmettre le nom de famille paternel, la continuité de la lignée reposant entièrement sur les épaules de mon conjoint.

Bien que ce détail semble futile pour certains, il comptait beaucoup pour Beau-Papa, qui a profité de l'événement pour remettre à son fils la bague du Grand-Père, comme il le lui avait un jour promis avant que nous ayons nos enfants.

C'était fort sympa, ce petit rituel. Un jour, l'Homme pourra le refaire avec notre petit garçon devenu grand, qui tiendra peut-être aussi son propre fils dans les mains.

lundi 14 mars 2011

Une mise à jour s'impose

DU SOMMEIL...
Petit Frère vient tout juste d'avoir quatre mois. C'est un bébé calme, souriant et serein, un rayon de soleil quoi!

Pourtant, chaque jour, j'apprends à ses côtés à être une meilleure maman. C'est que mon petit bonhomme ne l'a pas facile au point de vue de la digestion. Ses deux premiers mois de vie n'ont été que pleurs de détresse, siestes entrecoupées de douleurs, nuits ponctuées de réveils, de cris et de tortillements.

Deux mois durant, il a dormi pratiquement toutes ses nuits couché sur mon ventre, en tétant mon petit doigt pour se réconforter (la suce n'était pas encore devenue son amie). Je me doutais bien que quelque chose dans mon alimentation lui causait toutes ces souffrances, tant et si bien que j'ai arrêté du jour au lendemain de consommer tout ce qui s'appelle produits laitiers, bovins, caprins et de soya.

C'est là qu'a enfin pu se faire la rencontre avec le petit trésor tel que décrit à la première phrase de ce billet.

Aux prises avec tous ces inconforts, Petit Frère bénéficiait d'emblée du cododo, le sommeil avec maman étant à mon avis la meilleure façon d'économiser l'énergie de toute la famille. Mais passées les nuits de coliques, je ne voyais quand même pas mon sommeil, ni le sien, s'améliorer.

Mon erreur aura été de penser que Petit Frère dormirait avec moi aussi bien que Babou le faisait au même âge. Cette petite buvait aux trois heures la nuit, et entre les boires, un petit loir. Nous dormions d'un sommeil profond, bien collées elle et moi, et bien qu'entrecoupées par de courts réveils, mes nuits étaient totalement réparatrices et je me levais chaque matin fraîche comme une rose.

Pas avec Petit Frère. Même sans avoir de coliques, mon petit garçon s'agite beaucoup durant la nuit, se tortille, tétouille quelques minutes, regimbe, chigne et gigote. De telle sorte que jusqu'à il y a environ deux semaines, je pouvais me réveiller entre 5 et 50 fois durant la même nuit. Une véritable aberration dont mes cernes peuvent encore témoigner.

Puis une nuit, n'y tenant plus de voir le petit tourbillon m'empêcher de plonger dans un sommeil enfin réparateur, je suis littéralement allée le larguer dans son lit. Débrouille-toi tout seul si tu n'es pas content!

Il a dormi trois heures d'une traite.

Mon fils aime dormir seul dans son lit! Tout le contraire de sa grande soeur qui y voyait là une trahison, un abandon parental que j'ai mis des mois et des mois à faire disparaître.

Mon petit coeur, tu fais de moi une meilleure maman. Tu m'enseignes en étant toi-même que tu as à vivre ta propre histoire, et ce, quoi que je fasse. Merci d'élargir mes horizons, petit garçon!

DE L'ALIMENTATION...
Les coliques et diverses douleurs digestives de Petit Frère sont en grande partie derrière nous... du moment où je ne commets aucune incartade alimentaire.

De temps à autres, je me risque à manger un microgramme de fromage et quelques heures plus tard, à mon grand désespoir, Petit Frère redevient le petit bébé torturé que j'ai côtoyé deux mois durant. Même rengaine avec le poivron rouge, qu'il ne supporte pas dutout.

Certes, mon alimentation manque d'un peu de soleil. Les pâtes et la pizza sont, sans fromage, d'un tel ennui!

J'avoue toutefois prendre quand même un réel plaisir à me creuser les méninges pour réussir des recettes en substituant les produits laitiers. Avec les boissons de riz et d'amandes et le lait de coco, je parviens à de très bons résultats! La viande de boeuf ne me manque pas tellement, puisque de nombreuses autres viandes sont à ma portée (cheval, poulet, canard, porc, lapin, sans compter les poissons).

Ceci dit, après deux mois de "sacrifice alimentaire", je crois en l'importance d'allaiter mon fils. Babou et son papa me supportent également très bien dans l'aventure, et mangent généralement la même chose que moi.

J'ai tout le reste de ma vie pour saupoudrer du parmesan sur mes fetuccinis, n'est-ce pas?


DE LA FRATERNITÉ
Babou semble apprécier de plus en plus Petit Frère. J'ai assisté dernièrement à des échanges de petits regards complices, à des sourires, et même, à des guilis guilis! L'apprivoisement se fait lentement, pas de façon constante, ponctuée de petits réflexes de possessivité de Babou, de petits deuils (non, pas mettre Petit Frère dans MA balançoire!).

Malgré ces légers, si légers accrocs, j'entrevois des jours heureux entre mes deux enfants qui très bientôt s'amuseront ensemble, regarderont Passe-Partout lovés un contre l'autre sous la même doudou et partageront leurs collations.

Aussi, il faut voir les grands yeux admiratifs de Petit Frère suivre sa grande soeur dans toutes ses aventures. Un spectacle tellement attendrissant!

À la lumière de chacun de ces constats, je me demande, à l'occasion, quelle personne je pourrais bien être devenue si je n'avais pas à mes côtés ces petits êtres aussi exigeants qu'énergisants.

Je serais mieux habillée, mieux coiffée. J'aurais plus de temps à accorder à mes amitiés et je connaîtrais certainement beaucoup mieux les dernières sorties cinématographiques ainsi que les meilleurs 5 à 7 en ville.

N'empêche...

Mes enfants, mon oxygène. Vous m'amenez ailleurs, mes amours, et ça n'a pas de prix.

vendredi 18 février 2011

Le récit de ta naissance

Mon trésor,

Il y aura bientôt trois mois que tu es parmi nous. Déjà! C'est à peine si je me souviens ce qu'était mon quotidien sans tes beaux yeux clairs et tes petits airs coquins.

Depuis le jour 1 de ta vie, je pense à ce récit, celui de ton arrivée si parfaite dans notre univers, dans notre famille. Et les jours et les nuits passent, et la vie qui n'arrête pas... Toutes les raisons sont bonnes pour faire passer les obligations ménagères avant la rédaction de ton histoire. C'est la réalité de bien des mamans, mon garçon!

Il faisait soleil, le 25 novembre dernier, mon bonhomme. Dès ma première contraction, qui m'a tirée du sommeil à 3 h 45 du matin, je savais que tu arriverais ce jour là. J'étais prête à t'accueillir, il faisait beau, ta grande soeur passerait la journée à la garderie et dormirait chez Tatie, le congélo était plein. « Viens t'en bébé! »

Il faut dire que j'avais eu une fausse alerte une semaine et demi plus tôt, en pleine nuit. Des contractions assez régulières et douloureuses pour que j'aille me couler un bain, mais comme des dizaines de petits détails techniques restaient à régler pour permettre l'accouchement à la maison que je désirais, je t'avais supplié d'attendre encore un peu, au chaud dans mon ventre. Ce que tu avais fait, gentil petit coeur. Les contractions avaient cessé et le lendemain, ton papa a piqué un sprint pour accomplir la liste de choses à faire pour ton arrivée chez-nous.

Dans la matinée du 25 novembre, mes contractions étaient très irrégulières, et très très supportables. Tellement que ton père est parti travailler -- il devait se rendre sur le terrain pour terminer un dossier important. Je l'ai laissé partir en ne sachant pas trop si tu te pointerais rapidement ou pas, mais en lui faisant promettre de s'asseoir sur son téléphone cellulaire : )

J'ai eu un petit pincement au coeur en voyant partir ta grande soeur, si petite encore, à la garderie. Mon bébé, tu devras maintenant être mon aînée!

À 8 h 30 le matin, j'ai appelé M., ma deuxième sage-femme car É., la première, n'y était exceptionnellement pas. Étrange, mais depuis quelques temps, je sentais que j'accoucherais en présence de M. Je lui ai dit ne pas trop savoir où j'en étais avec l'évolution de mon travail.

Moins d'une heure plus tard, elle vérifiait mon col et m'annonçait que tu serais parmi nous bientôt, dilatée que j'étais à 4 cm, membranes bien bombées. Encore à ce stade, peu de contractions, et une douleur plutôt soutenable. Tellement que M. m'a proposé de me quitter et d'attendre mon appel. Elle tenait par contre à ce que la stagiaire M.-É. soit arrivée chez nous pour me laisser entre bonnes mains.

J'appelle ton papa et lui dit de ne pas tarder à revenir à la maison. J'appelle Ge, notre bonne fée, qui s'occupera de la logistique -bouffe-café-débarbouillettes-lavage pendant l'accouchement à domicile.

Finalement, M. n'est jamais repartie. 45 minutes après l'examen du col -- le seul que j'aurai de toute la durée de l'accouchement, à ma demande -- une véritable douleur me foudroie. Le visage me change drastiquement, je respire profondément, les yeux fermés. M. ne partira pas, il n'en est pas question! Il est 10 h, début du travail actif.

Les contractions s'enchaînent à un bon rythme. Je les prends toute seule, assise sur le ballon, dans ma salle à manger que le soleil inonde. M. prépare son matériel d'accouchement.

Je commence à trouver la douleur difficile à supporter. Ton père arrive au moment où je commence à douter de ma capacité à supporter la prochaine contraction. Il est survolté, il a couru dans les corridors de son bureau et a adopté la conduite "cowboy" tellement il sentait la soupe chaude.

M.-É. et Ge arrivent presque en même temps, vers 10 h 45. Les deux sont assez surprises de me voir déjà dans ma bulle, à respirer, à faire des sons pour passer les contractions. Oui mesdames, le travail avance vite. Je ne m'en plains pas!

M. se berce tranquillement en lisant le journal, dans un rayon de soleil, nous lance un ou deux conseils à l'occasion, remplit calmement de la documentation. Sa présence est respectueuse et discrète, elle sait ce que je suis capable d'accomplir sans son intervention. J'apprécie.

Ton papa débute les massages, aidé de M.-É. Quand ta soeur est née, ce type de points de pression m'avaient tellement aidée! Mais là, je n'arrive pas à trouver de position, tout m'est insupportable. Je change constamment d'appui, je bouge, je me tortille. Ciel, faites que cet accouchement ne dure pas trop longtemps, c'est si intense!

M. me dit que la pression que je ressens dans le bas de mon ventre, ce sont mes membranes qui ne veulent pas se rompre. « Tu es capable de les faire se rompre par elles-mêmes, nous n'interviendrons pas, concentre toi là-dessus!» C'est ce que je fais et quelques temps après, je me rends aux toilettes pour ce que je pense être un pipi et bang! Comme un ballon qu'on crève, je perds mes eaux! Ton père et moi sommes si contents du bon timing, pas de dégâts! Je suis soulagée - momentanément - puisque la pression dans mon ventre vient de diminuer.

On m'a coulée un bain. J'y entre le temps d'une contraction, mais M.-É. me sort rapidement de là, je viens de commencer à pousser. Vite, dans la chambre! La distance séparant la salle de bain de la chambre est d'à peine 6 -7 mètres, je la traverse en arrêtant au moins trois fois pour des contractions olympiques.

La deuxième sage-femme, N., et la stagiaire Mi. arrivent quelque part à ce moment là. Je n'en ai à peu près pas conscience, elles sont si discrètes! Je sais toutefois que Mi. a pris des photos pour immortaliser ton arrivée.

On m'installe sur le lit pour la poussée, à genoux, soutenue par ton papa, puis par Ge. Je pousse de toutes mes forces en ayant l'impression que rien ne se produit. Je veux que ça finisse maintenant, je suis à bout! Tout est allé si vite et maintenant, pourquoi tu ne descends pas?

Je repense à la naissance de ta soeur, pour laquelle le travail a duré 13 heures, mais au moins la poussée fut expédiée en quelques minutes. Aurai-je la force de pousser pendant une heure, deux heures?

Sentant poindre le découragement, M. intervient en me conseillant de me relever une jambe, pour être semi-accroupie. C'est le déclic, bébé descend, je sens la brûlure si particulière à ce moment de l'accouchement. Je suis pendue au cou de Ge (tellement que j'en ai été courbaturée pendant des jours entiers). Je pousse tellement fort que je ne respire qu'aux 5 minutes, il me semble. Je n'émets aucun son.

Ton papa et les sages-femmes/stagiaires sont accroupis au pied du lit, prêts à t'accueillir.

Quelques poussées plus tard, voilà ta petite tête. C'est si étrange de te voir à mi-chemin entre le monde aquatique et terrestre. Nous te rencontrons sans connaître ton sexe tout de suite, c'est si particulier! Nous te caressons les cheveux, j'ai hâte que tout soit terminé.

Prochaine contraction, les épaules. M. t'aide à passer car ça coince un peu. Tu es né! La douleur n'est plus, c'est si bon de retrouver son corps indolore!!

« Un garçon! » Pas possible! Je ne suis pas particulièrement douée pour les « feelings » de grossesse, j'avais l'impression de porter une deuxième fille, alors que pour ta soeur, j'aurais mis ma main au feu que j'attendais un garçon. Me voilà maman comblée, une fille, un garçon. Je suis sous le choc, positivement parlant.

On m'aide à m'étendre pour l'expulsion du placenta. Et les tranchées, ces contractions qui aident l'utérus à reprendre sa dimension d'origine, me surprennent par leur intensité. Elles dureront plusieurs jours, malheureusement! J'ai mal, je tremble, j'ai froid, je suis épuisée, mais tu es là et déjà, tu t'agrippes à mon sein et veux téter vigoureusement. Tu seras, au sein, tout le contraire de ta grande soeur, qui avait mis des jours et des jours à développer ce réflexe inné.

Tu es collé sur moi, mon bonhomme. Mon ourson, mon petit coco d'amour. Bienvenue dans notre famille, bienvenue chez toi, dans ce lit, dans cette chambre, dans cette maison. Sur cette planète.

Accoucher chez soi, c'est prendre sa douche dans sa propre salle de bain une heure après avoir donné la vie. C'est souper avec ce qu'il reste dans le frigo, en tenant d'une main son nouveau-né et en débarbouillant le visage de sa puce de 20 mois et demi. C'est se bercer dans la salle à manger pendant que l'amie de la famille plie les draps et linges et débarbouillettes qu'elle vient de laver, pour que tout soit en ordre après l'arrivée de bébé.

Mais plus que tout, accoucher chez soi, c'est mettre au monde dans la plus pure simplicité.

Tu es né à 39 semaines et un jour, à 12 h 49, mon petit garçon de 8 lb et 1 once (je pouvais bien avoir ce ventre énooorme!). En moins de trois heures de travail, tu étais dans mes bras, ce qui nous a tous réjouis, moi en particulier.

Depuis, tu ne cesses de nous surprendre. Merci à toi, petit cadeau de la vie!

jeudi 20 janvier 2011

Une présence bienveillante

Je ne possède pas cette sensibilité qu'ont certains pour ressentir les âmes, pour voir les auras et pour ne pas se sentir seul, même dans une maison vide. Ça me va très bien ainsi.

Toutefois, je ne nie pas l'existence de ces visiteurs invisibles.

Quand nous avons mis les pieds pour la première fois dans la maison que nous habitons en ce moment, mon conjoint et moi nous nous sommes immédiatement sentis chez nous. C'était vide, vieillot, les couleurs des murs (décrépis) étaient moches, mais pour une raison obscure, on s'y plaisait à un point tel qu'on a acheté l'immeuble.

Avant d'y emménager, nous avons beaucoup parlé avec l'ancienne proprio. Elle habitait alors le logement du haut, et allait quitter quand nous prendrions possession du duplex. Le logement du bas était alors vide depuis plusieurs mois. Sa mère l'avait longtemps occupée. Mais était décédée durant l'année.

« Elle n'est pas morte dans la maison, je vous l'assure », nous avait dit la proprio.

Nous ne la croyions qu'à moitié.

Puis nous avons pris possession de notre première maison. Avant le déménagement, nous avons d'abord repeint les murs et apporté des réfections mineures aux lieux.

Nous n'avons jamais vu de fantôme, ni entendu de craquements hostiles, ni constaté de baisses de tensions inexpliquées dans l'éclairage.

Mais c'est trop étrange le nombre de fois où nous avons trouvé exactement ce dont nous avions besoin pour nos rénos dans ce que la proprio nous avait laissé, dans la cave ou dans le garage. Assez souvent pour qu'on le remarque et pour qu'on remercie la défunte dame âgée de prendre aussi soin de nous, nouveaux occupants qui ne voulions que du bien à son ancienne demeure terrestre.


Un jour, le voisin de gauche, en discutant avec mon homme, lui a affirmé que la dame était bel et bien décédée dans la maison.

...

Pas de craintes de dormir seule, pas d'angoisse. La vie continue, tout simplement. En compagnie d'une imperceptible présence bienveillante.


Puis, le 25 novembre dernier, mon fils est né dans cette même maison où, à en croire le voisin, une bonne âme se serait éteinte il y a quelques années.

Comme pour rééquilibrer les choses.

Je ne peux m'empêcher de trouver cela très doux, très romanesque. J'en ai des frissons.

mercredi 12 janvier 2011

C'est mon travail, c'est mon métier...

Je vis très différemment ce deuxième congé de maternité. Je suis certainement plus décontractée.

Avec Babou, il y a 22 mois, j'étais affolée à l'idée de penser que je venais de m'enfermer pour 18 ans dans la maison avec un petit être entièrement dépendant de sa mère. J'étais sérieusement convaincue que je ne dormirais plus trois heures en ligne pendant au moins un an, que j'allaiterais pendant une heure et demie à toutes les deux heures pour au moins six mois.

Quel choc, quand même, que ces premiers pas dans ma vie de maman. Pendant les toutes premières semaines de la vie de ma toute-belle, faire la vaisselle, récurer la cuvette, toute tâche normalement désagréable me paraissait une délivrance en comparaison à mon rôle plus ou moins habile d'allaitante-endormisseuse. J'étais si certaine d'être l'esclave de mon enfant pour l'éternité que je n'avais qu'un objectif : l'endormir et la déposer quelque part.

Vous aurez compris que ce fut exactement le contraire qui se produit. Ô misère que cette fillette avait du mal à sombrer dans un bon sommeil durable! Et évidemment, exit jusqu'à l'idée même de la déposer une fois endormie, j'en étais alors quitte pour tout recommencer mon épuisant stratagème d'endormissement du début, puisque miss Babou se réveillait presque à l'idée que sa maman la largue dans son lit! J'étais au bord du désespoir environ 12 fois par jour.

Heureusement, les mois passèrent, la routine s'installa et je compris à quelle vitesse affolante un congé de maternité se déroule.

Puis, enceinte de Petit Frère, je me suis prise à espérer un enfant plus facile à endormir, à déposer dans son lit. Je ne saurais dire si j'ai été exaucée. Maintenant que je l'ai dans les bras, ou dans le porte-bébé, je me surprends à voir les choses tout à fait différemment.

D'abord, il est certes plus facile à endormir. Mais il n'aime pas tellement non plus passer de l'enveloppante paire de bras parentale au matelas frisquet de son petit lit de bébé. Parfois il continue de dormir, parfois il me hurle de le reprendre à peine deux minutes après. Et ça me dérange tellement moins (voire pas du tout).

J'interromps tout autant mes tâches que quand ma mini Babou avait le même âge et me réclamait. Je passe autant de temps à promener Petit Frère dans la maison pour l'aider à passer ses désagréments gastriques. Mais je respire bien plus calmement quand il me hurle dans les bras que quand sa grande soeur avait elle aussi les blues du petit bedon.

Ma très chère amie Geneviève, qui a vu naître mes deux enfants et qui est aussi en ce moment en congé de maternité, me répète quelquefois cette affirmation tellement vraie, elle qui se lève la nuit pour allaiter sa petite merveille de six mois. "C'est mon travail, je suis payée pour ça".

Elle a tellement raison. C'est la définition même du congé de maternité : être payée pour voir grandir son enfant, dans ce que ce rôle a de plus gratifiant, ou de plus exigeant. Recevoir des sous pour assister à ses premiers sourires, pour l'aider à digérer, pour soigner un petit front poqué, pour introduire les aliments dans le bon ordre, pour frotter les petits cache-couches qui ont épongé un trop-plein.

Et comme pour le "vrai" boulot (celui pour lequel on déprime le dimanche soir et on jubile à partir du jeudi 17 h), il y a des moins bons jours que d'autres. Voilà tout.

À partir du moment où on prend une colique, une mauvaise nuit, une pénible journée à la fois, ciel que la vie à la maison avec bébé est plus douce.

Tout ça, j'aurais aimé qu'on me le dise textuellement quand je n'en pouvais plus d'avoir Babou accrochée à moi comme à une bouée de sauvetage. Bah, on me l'a peut-être même dit, mais je n'entendais pas; il fallait probablement que l'idée fasse son chemin.

Ça doit être ça, user de son expérience de maman... Sais-tu seulement à quel point tu es chanceux, Petit Frère?

lundi 10 janvier 2011

Accord au pluriel du mot «enfant»

Bb2, alias Petit ourson, ou encore mieux, Petit Frère comme l'a si magnifiquement baptisé Babou (alias Grande Fille), a eu six semaines.

Depuis une semaine, son papa est retourné au travail. Ce matin, sa grande soeur a repris la routine de la garderie. Depuis six semaines, je rêve d'alimenter ce blogue mais les minutes me filent entre les doigts. Ce matin, je soupire d'aise : un seul bébé à m'occuper et aucun jouet n'a bougé depuis plus de trois heures!

J'ai très hâte d'immortaliser le récit de la naissance de ce nouveau bébé, qui en ce moment, grogne dans le porte-babou et menace de se réveiller à tout instant! Je préfère attendre un moment plus propice pour le rédiger, mais en attendant, un petit résumé de notre vie à quatre s'impose :

En quelques mots, Petit Frère a un fort potentiel de bébé calme et contemplatif, mais comme il est en proie à de vilaines coliques et autres maux de ventre atroces qui le tirent de son sommeil plusieurs fois par jour/nuit, et ce, plusieurs fois par semaine, disons que mes cernes sous les yeux se rendent jusqu'en Afrique australe et ma patience est usée à 4/32 et selon l'Homme, ne passera pas l'hiver : ) (blague subtile pour ceux qui -rares j'en conviens- connaissent le monde formidable de l'usure du pneu automobile! Désolée, mon conjoint est issu d'une longue lignée de spécialistes du pneu).

Hormis sa détresse abdominale, Petit Frère a (lui aussi) de beaux grands yeux intelligents et éveillés. Déjà, il suit du regard sa grande soeur, comme s'il souhaitait participer à ses jeux et comptines (nombreux). Il gazouille, roucoule et agite vigoureusement ses bras et ses jambes quand quelque chose l'émerveille. Il sourit depuis qu'il a fêté son premier mois, mais à six semaines, on voit que ses sourires sont sentis et volontaires. Il n'existe pas de meilleure récompense pour une maman aux batteries à plat!

Petit Frère a donc aussi en commun avec Babou qu'il a la digestion ardue. Ça me désole, j'espérais sincèrement être épargnée par ces longues heures à promener de long en large un poupon rendu rigide par la douleur. Le sentiment d'impuissance parentale est à son maximum quand on voit ainsi hurler son tout-petit, et que, sans qu'on ose se l'avouer, il en vient à carrément nous taper sur le système. Difficile à gérer... Quand elle a eu environ trois mois, Babou a été exemptée de cette souffrance, souhaitons qu'il en soit autant pour Petit Frère.

On m'a dit, dernièrement, que les enfants qui souffrent de coliques dans les premiers mois de leur vie sont plus intelligents. Belle compensation, et à voir Babou, je suis tentée de croire cette affirmation un peu saugrenue...

Cette dernière, qui aura 22 mois demain, parle couramment. Sujet-verbe-complément. Cette petite m'étonne chaque jour : elle manipule déjà l'humour et sait quand nous envoyer un gag pour détendre l'atmosphère, elle nous fait part de réflexions surprenantes pour son âge, nous partage ses émotions (peine, maman! nous a-t-elle dit dans les premiers jours de vie de son frère, alors qu'elle s'ennuyait visiblement de sa paisible ancienne vie familiale à trois).

Pour l'aider dans cette adaptation, il y a la lecture et le dessin. Elle reconnaît son nom quand on l'écrit parmi nos gribouillis au crayon de bois. Elle est avide de ses livres d'histoire, les connaît par coeur (on lit ensemble, elle me dit un mot sur deux!), et nous lance des citations tirés de ses livres à tout moment de la journée.

Exemple? L'autre jour, elle me lance : Maman, ma vie a changé! (tiré du livre : Je viens d'avoir un petit frère). Très spécial d'entendre cette petite puce de même pas deux ans me partager ainsi ses émotions, parce que ça se voit dans ses grands yeux, elle comprend ce que ça peut signifier.

Et le temps des fêtes dans tout ça? Il est passé sans trop que je le vois. Épuisée, j'ai traîné ma présence fantomatique dans ma famille et ma belle-famille, puis le 27 décembre, nous sommes revenus à la maison pour ne plus en repartir. Quatre nuits à l'extérieur, c'était bien assez.

Par contre, Babou a adoré sa découverte de la magie de Noël, et s'extasie encore devant les décorations des retardataires. « Oh! Couronne de Noël! Ruban de Noël, sapin de Noël, Père Noël!» Sans compter que dans sa lettre au Père Noël, rédigée à la garderie, elle avant demandé comme cadeau... un beau sapin de Noël. Inutile de vous dire qu'elle l'a obtenu!

En vous souhaitant la bonne année 2011, je vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures, écrites en direct de ce pyjama de polar bleu, éternel symbole de mon deuxième congé de maternité en autant d'années!

lundi 13 décembre 2010

Bienvenue Bb2

Petit Ourson est arrivé parmi nous par un beau 25 novembre ensoleillé, à 12 h 49.

Il, car c'est bien un garçon (surprise générale!), est né à la maison, dans le lit conjugal après un accouchement éclair d'une durée de 2 h 49. Une certaine période de latence -commencée à 3 h 45 le matin- avant le début du vrai travail m'a même fait douter que c'était bien le grand jour.

Finalement, tout a déboulé et en peu de temps, après une tempête de contractions, j'avais mon bébé garçon dans les bras!

Détails croustillants d'accouchement à venir... patience, nous nous ajustons à la vie à quatre!